C’est ce matin à 7h39 (heures suisse), au Centre spatial Kennedy (Floride), que les techniciens de l’Agence spatiale américaine (Nasa) ont commencé le déménagement du nouveau lanceur Ares I de son immense hangar de construction vers son pas de lancement, distant de 6,7 km. La fusée est, à l’heure actuelle, arrivée sur le pas de tir.

L’engin devrait en décoller le 27 octobre prochain pour un vol d’essai de deux minutes, qui devrait sérieusement lancer la nouvelle course à la Lune voulue par le président Bush en 2004. Toutefois, ce programme baptisé Constellation pourrait être largement compromis par un manque de ressources financières, comme doit le confirmer ce jeudi un rapport d’experts.

Le lanceur dévoilé ce matin est une mince fusée de 100 mètres de haut, qui devra servir à envoyer vers l’espace l’équipage, à bord de la capsule Orion. Un autre lanceur, Ares V, transportant lui le module lunaire, sera testé ultérieurement. A terme, les deux véhicules spatiaux devront se rencontrer en orbite pour permettre l’exploration spatiale.

Ares I-X va être testé à la fin du mois: il va grimper jusqu’à 40 km d’altitude, ce qui devrait permettre aux ingénieurs de démontrer que l’engin a été correctement construit. «C’est une grande fusée. Cela fait près de 30 ans que personne n’a plus construit une fusée aussi grande: c’était Saturn-V», a déclaré l’ingénieur Trent Smith, à la BBC.

Les différents étages de la fusée subiront chacun leur propre destin: le premier étage, contenant les «boosters», sera récupéré à l’aide de parachutes. Par contre, les étages supérieurs, qui simuleront l’espace où sera logé le véhicule spatial, sera détruit par un impact dans l’océan.

Ce lanceur doit en principe succéder à la navette spatial dès 2015. Mais les plans américains ont été récemment largement remis en question. L’ancien astronaute Buzz Aldrin, qui fut le deuxième homme à marcher sur la Lune, dans un interview accordé au Temps, estime par exemple que la Nasa devrait faire l’impasse de la Lune et viser directement Mars. Le programme Constellation fait l’objet d’un réexamen par une commission d’experts indépendants nommés par le président Barack Obama. Après évaluation, celle-ci propose cinq grandes options pour l’avenir du spatial américain, dont le maintien de ce programme, mais avec une rallonge budgétaire nécessaire de trois milliards de dollars par an!

Le rapport complet doit être présenté jeudi, mais un résumé en contenant l’essentiel a déjà été divulgué en septembre. Le président Obama et ses conseillers doivent maintenant trancher, mais l’incertitude quant à la décision de la Maison Blanche ne remet pas en question le premier vol expérimental de Ares 1, le 27 octobre prochain au plus tôt.