La fusée Atlas V s’est arrachée de son pas de tir de la base aérienne de Cap Canaveral en Floride, proche du Centre spatial Kennedy, à 23h32 heure suisse et la séparation finale s’est effectuée comme prévu 45 minutes après. L’agence spatiale américaine envisage de renvoyer des astronautes sur la Lune dans le cadre du projet d’exploration spatial dévoilé en 2004 par l’ancien président américain George W. Bush.

Ces sondes sont la première étape pour préparer des missions d’exploration habitée vers Mars et dans l’ensemble du système solaire. Le président américain Barack Obama a décidé de revoir ce programme baptisé «Constellation» mais sans jusqu’à présent remettre en cause ses grands objectifs.

Mercredi, le sénateur démocrate Bill Nelson, qui a effectué un vol à bord d’une navette spatiale, a estimé que le budget de la NASA pour ce programme était insuffisant. «La NASA ne peut simplement pas accomplir l’objectif du président d’être sur la Lune en 2020», a-t-il dit.

La sonde LRO (Lunar Reconnaissance Orbiter) constitue avec son compagnon LCROSS (Lunar Crater Observation and Sensing Satellite) la première mission préparatoire de cet ambitieux projet. «Cette mission robotique nous donnera les informations nécessaires pour prendre les meilleures décisions quant à la future présence humaine sur la lune», a expliqué lundi Todd May, un responsable de la NASA.

Les principaux objectifs du LRO seront, durant une mission de douze mois, de cartographier la surface lunaire avec un degré de précision inégalé, de repérer des sites possibles d’alunissage, de rechercher la présence éventuelle de glace, notamment dans des cratères en permanence dans l’obscurité, et d’obtenir des mesures précises de températures au sol et des radiations cosmiques.

Le LRO, une sonde de 1916 kilos (dont 898 de carburant), sera placée en orbite polaire, ce qui lui fera survoler la Lune à une altitude de 50 kilomètres. Son voyage de la Terre à la Lune, distante de quelque 384’000 kilomètres, prendra quatre jours.

La sonde LCROSS, lancée à bord de la même fusée Atlas V, a une mission très spécifique de quête d’eau dans un cratère près du pôle Sud où des émanations d’hydrogène détectées précédemment pourraient signifier la présence de glace.

LCROSS restera attachée durant son périple de trois mois vers la Lune au deuxième étage de la fusée Atlas V, appelé Centaur, dont elle se séparera avant qu’il n’aille s’écraser dans un cratère lunaire.

LCROSS, d’une masse de 891 kilos, subira le même sort quatre minutes plus tard, le temps pour ses neuf instruments de mesure, dont trois spectromètres, de capter et d’analyser les particules dans le panache de 350 tonnes de matériaux ayant résulté du choc, avant de transmettre les résultats à la Terre. Il sera alors possible de déterminer si de l’eau se trouve dans ce cratère.

L’impact de Centaur, un engin de 2,36 tonnes, équivaudra à l’explosion d’une tonne d’explosif qui devrait éjecter des débris jusqu’à 6 kilomètres d’altitude et creuser un cratère de 20 mètres de diamètre sur 4 de profondeur.

Des télescopes terrestres et spatiaux, dont Hubble, observeront aussi ces impacts pour faire des mesures.

Le coût des deux sondes est de 579 millions de dollars, dont 500 millions pour LRO.