Alors que le nombre de personnes infectées par le virus du sida est à la hausse (près de 40 millions de personnes touchées dans le monde), la recherche biomédicale connaît une nouvelle avancée. Ainsi, des chercheurs de l'Institut Heinrich-Pette de l'Université de Hambourg, en Allemagne, ont annoncé avoir découvert une nouvelle thérapie contre la propagation du virus de l'immunodéficience humaine de type VIH-1, responsable du sida.

Virus résistants inhibés

Dans un article paru ce mois de janvier dans la revue scientifique américaine Journal of Clinical Investigation, Ilona Hauber et son équipe expliquent avoir réussi à identifier une protéine de la cellule humaine, la protéine DHS (Deoxyhypusin-Synthase), dont la neutralisation permet de bloquer la multiplication des virus VIH. Ces derniers utilisent en effet de nombreuses protéines pour se multiplier à l'intérieur des cellules humaines. Selon cet Institut, qui a collaboré avec l'Université de Nuremberg-Erlangen et l'entreprise munichoise Axxima Pharmaceuticals, même des virus résistant à des thérapies intensives peuvent être ainsi inhibés.

«L'originalité de la démarche consiste à ne pas viser le virus lui-même, mais sa cible, c'est-à-dire la cellule humaine infectée», commente Amalio Telenti, professeur de virologie médicale à l'Université de Lausanne. «Il y a cependant un risque pour l'organisme, car la fonction de la protéine DHS est utile pour nos propres cellules.»

Expérience in vitro

L'Institut Heinrich-Pette relève en effet que les thérapies qui consistent à bloquer la multiplication des virus peuvent avoir de nombreux effets secondaires, comme la lipodystrophie, une anomalie du tissu adipeux sous-cutané, ou encore l'ostéoporose, une raréfaction du tissu osseux.

«L'élément positif à relever, ajoute Amalio Telenti, c'est que de telles thérapies ont déjà été testées contre la maladie de Crohn, qui consiste en une inflammation de l'intestin.» Mais selon le professeur lausannois, on ne peut pas parler d'une nouvelle thérapie: «Cette expérience a été faite in vitro, et non pas sur un humain. Une application thérapeutique mettrait des années à se mettre sur pied. Il ne faut par conséquent pas s'imaginer que la solution miracle est apparue.»