Climat

Le niveau des mers monte plus vite que prévu, annonce le GIEC

Le GIEC prévoit que les changements climatiques entraîneront d’importantes modifications environnementales. D’ici à 2100, des régions habitées pourraient être submergées et les glaciers perdre jusqu’à 36% de leur masse

L’élévation du niveau des mers d’ici 2100 pourrait atteindre entre 43 et 84 centimètres et submerger des régions habitées par des centaines de millions de personnes. C’est ce qu’annonce un rapport du GIEC publié à Monaco, co-signé par plusieurs experts suisses.

Dans le monde entier, les changements climatiques entraîneront d’importantes modifications des glaciers, du pergélisol et des océans, ont indiqué mercredi à Berne devant la presse des responsables de l’Académie suisse des sciences naturelles (SCNAT), en parallèle à la publication du rapport à Monaco.

De 2015 à 2100, les glaciers perdront de 18 à 36% de leur masse dans le monde, et même plus de 80% en Europe, selon ce document. Si les gaz à effet de serre continuent d’être émis en abondance, entre 49 et 89% du pergélisol peu profond pourrait dégeler d’ici 2100 au détriment de la stabilité du terrain.

«Le réchauffement du pergélisol déstabilise les flancs des montagnes dans les Alpes et ailleurs et libère le carbone stocké depuis des millénaires dans le sol de régions polaires», a expliqué Konrad Steffen, directeur de l’Institut fédéral de recherches sur la forêt, la neige et le paysage (WSL) et co-auteur du rapport du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC).

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D’ici la fin du siècle, des dizaines ou même des centaines de gigatonnes de cet élément s’échapperont ainsi dans l’atmosphère sous la forme de dioxyde de carbone ou de méthane et intensifieront le réchauffement climatique.

Andreas Fischlin, de l’EPF de Zurich, vice-président du deuxième groupe de travail du GIEC, ajoute: «Dans le monde entier, les changements sont particulièrement marqués en haute montagne: les glaciers fondent, des plantes et des animaux du bas colonisent des zones de plus haute altitude ou modifient leur comportement, tandis que l’espace vital des espèces spécialisées de la haute montagne s’amenuise».

Chaleurs marines

Parlant des océans, le GIEC fait état de nouvelles conditions qui n’ont encore jamais existé depuis l’ère préindustrielle. Ils s’acidifient, contiennent toujours moins d’oxygène. Si les émissions de gaz à effet de serre se maintiennent à un haut niveau, les vagues de chaleur marines deviendront 50 fois plus fréquentes jusqu’en 2100.

«Nous constatons maintenant déjà des changements notables dans les océans, de la surface des eaux jusqu’aux grandes profondeurs, et des pôles aux tropiques. Cette évolution influencera la répartition et la densité de la vie partout dans nos mers», signale Thomas Fröhlicher, un auteur du GIEC de l’Université de Berne, cité dans un communiqué de la SCNAT.

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«La fonte des calottes polaires accélère la montée du niveau de la mer», précise un autre auteur, Nicolas Gruber, de l’EPF de Zurich. Or justement, la part de la glace qui fond dans l’Antarctique a été sous-estimée jusqu’ici.

Au cours de ce siècle, l’élévation du niveau de la mer accroîtra sensiblement des risques tels que les raz-de-marée ou l’érosion du littoral. Rien que les dommages dus aux inondations augmenteront chaque année d’un facteur 100 à 1000.

Possiblités d’actions

«Pour beaucoup de gens, la haute mer, l’Arctique ou l’Antarctique semblent très loin. Or toute la population du globe, Suisse comprise, dépend de ces systèmes – pour la météo et le climat, pour l’eau et l’alimentation, pour l’énergie, le commerce, les transports, les loisirs et le tourisme, la santé et le bien-être, la culture et l’identité», conclut Thomas Fröhlicher.

Les auteurs du rapport du GIEC formulent de nombreuses possibilités d’action politiques, sociales et techniques et soulignent une nouvelle fois l’urgence de la situation.


Ci-dessous, un graphique montrant les changements, impacts et risques prévus pour les écosystèmes marins résultant des changements climatiques (à g. le scénario d'évolution des gaz à effet de serre le plus optimiste, à dr. le plus pessimiste).

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