Le nombre de victimes de l'épidémie de pneumonie virale en Chine a bondi à 80 et 2744 cas ont été confirmés dans le pays. Vingt-quatre morts supplémentaires ont été enregistrés dans la province de Hubei, épicentre de la contagion, mais aucun nouveau décès n'a été confirmé en dehors de cette région, a annoncé lundi le gouvernement central.

«La capacité de propagation du virus s'est renforcée», ont déclaré la veille de hauts responsables sanitaires chinois, même s'il ne s'avère pas «aussi puissant que le Sras», un précédent coronavirus qui avait fait des centaines de morts au début des années 2000.

La période de congés à l'occasion du Nouvel An chinois, qui devait durer jusqu'au 30 janvier, a été prolongée de 3 jours, jusqu'au 2 février, afin de «réduire les rassemblements et de bloquer la propagation de l'épidémie», a déclaré le gouvernement chinois dans un communiqué.

Le premier ministre chinois à Wuhan pour enquêter

Le premier ministre chinois, Li Keqiang, était en visite lundi à Wuhan, ville épicentre de l'épidémie du nouveau coronavirus. Il se trouve dans la capitale du Hubei (centre) pour «enquêter et guider» les efforts des autorités pour endiguer le virus, mais également pour «rencontrer les patients et personnels médicaux sur la ligne de front» de l'épidémie, a précisé le gouvernement.

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Il s'agit de la première visite d'un très haut responsable du régime communiste dans la ville depuis le début de l'épidémie. Li Keqiang a été nommé à la tête d'un «groupe de travail» chargé de superviser la lutte contre l'épidémie.

Le directeur de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) Tedros Adhanom Ghebreyesus a également annoncé qu'il se rendait en Chine pour discuter avec les autorités des moyens de contenir l'épidémie.

 

L'évacuation des ressortissants étrangers

L'épidémie a atteint l'Europe et l'Australie. Un cas présumé a été signalé au Canada. En Suisse, deux personnes tout juste rentrées de Chine sont suspectées d'avoir contracté le virus. Elles sont actuellement en quarantaine dans un hôpital zurichois.

Les Etats-Unis, où cinq cas sont confirmés, ont annoncé organiser le départ de leur personnel diplomatique et de citoyens américains bloqués à Wuhan, espérant faire décoller un vol mardi.

D'autres pays sont en communication avec Pékin pour évacuer leurs ressortissants. La ministre française de la santé a annoncé dimanche que la France allait organiser «un rapatriement par voie aérienne directe» de ses ressortissants, et qu'une période de quarantaine de 14 jours leur serait appliquée.

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L'ambassade de Suisse en Chine a répertorié huit ressortissants suisses enregistrés dans la province du Hubei, qui vivent tous dans la ville de Wuhan, a indiqué un porte-parole du Département des affaires étrangères. L'ambassade est également en contact avec d'autres ressortissants suisses qui ont appelé la représentation. La moitié des citoyens suisses enregistrés à Wuhan ne sont plus sur place et les autres ne veulent pas quitter la ville. Le DFAE n'a pas connaissance de cas de maladie parmi les ressortissants suisses en Chine. Il continue de suivre «de très près» l'évolution de la situation sur place et soutient les citoyens suisses dans le cadre de la protection consulaire si nécessaire.

Des mesures pour restreindre la propagation de l'épidémie

L'étude des premiers cas tend à montrer que le taux de mortalité du virus 2019-nCoV est assez faible. Pour Gui Xi'en, spécialiste des maladies infectieuses à l'université de Wuhan, le nombre de contaminations pourrait atteindre un «pic» autour du 8 février, avant de décroître.

Les hôpitaux étant débordés, la construction de deux sites pouvant accueillir chacun plus de mille lits a commencé. Elle doit être achevée sous quinzaine, selon les médias publics.

En attendant, la Chine se protège en érigeant des barrières intérieures. Plusieurs grandes villes du nord du pays - Pékin, Tianjin, Xian - ont annoncé la suspension des lignes d'autocars longue distance qui les relient au reste du pays. Dans l'est, la province du Shandong (100 millions d'habitants) a fait de même.

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Le régime communiste a par ailleurs annoncé dimanche une interdiction temporaire du commerce d'animaux sauvages, alors que l'hypothèse selon laquelle l'épidémie serait partie d'un marché de Wuhan où était vendu ce type d'animaux a été jugée «hautement probable» par le Centre chinois de contrôle des maladies. Pékin va en outre suspendre les voyages organisés en Chine et à l'étranger, une décision qui pourrait porter un coup au commerce de villes comme Paris, très prisées des touristes chinois.