Le clonage thérapeutique doit pour l'instant rester interdit en Suisse. Cette recommandation découle de la «cartographie» dressée par la Commission nationale d'éthique pour la médecine humaine (CNE) et présentée mardi.

Cette «cartographie» doit «servir de guide dans la jungle des problèmes éthiques», en vue en particulier de la future loi sur la recherche sur l'être humain, que le Conseil fédéral mettra en consultation ces prochains mois.

Clonage thérapeutique

L'opération qui vise par exemple à créer un embryon afin de traiter une personne malade («bébé-médicament»), n'est pas «un scandale moral fondamental» pour la majorité de la commission. Mais estimant que les implications éthiques de la pratique du clonage demandent à être clarifées, la commission prône le maintien, pour le moment, de l'interdiction en vigueur en Suisse. La commission ne voit pas non plus de motif éthique clair pour exclure cette pratique «sur la durée», alors que le clonage à visée thérapeutique est admis dans des pays comme la Suède et la Grande-Bretagne. Le document n'aborde pas la question du clonage reproductif, lui aussi interdit, mais la commission a déjà exprimé par le passé qu'elle était opposée à cette pratique.

Parthénogénèse et chimères

Concernant la production d'embryons à partir d'un seul patrimoine génétique, la commission est divisée. Elle prône le maintien de l'interdiction actuelle. Sa position est identique concernant les hybrides (fusion de cellules germinales humaines et animales) et les chimères (organisme dont certaines cellules sont d'origine étrangère, animale ou humaine).

Embryons surnuméraires

Pour la recherche sur les embryons et les fœtus en dehors du corps, la CNE recommande une réglementation qui soit en accord avec la loi sur les cellules souches embryonnaires, en vigueur depuis mars. Seuls les embryons surnuméraires, produits dans le cadre d'une fécondation in vitro, en vue d'une grossesse, peuvent être utilisés à des buts scientifiques. Un avortement à des fins de recherche n'est pas éthiquement justifiable, tout comme une interruption de grossesse ne peut être reportée afin de satisfaire la recherche.L'objectif de cette «cartographie» éthique est une protection à la vie en devenir, due dès le départ et intensifiée au fil de la croissance du fœtus. Il n'est pas question, selon la CNE, d'empêcher la recherche, mais de garantir la dignité et la santé des embryons et fœtus, ainsi que de respecter la femme et les couples concernés.