«L’Institut norvégien de santé publique a informé l’OMS qu’une mutation avait été détectée dans trois cas de virus H1N1», a expliqué l’OMS dans un communiqué. «Les virus ont été isolés à partir des deux premiers cas mortels de grippe pandémique dans le pays et à partir d’un autre patient atteint gravement par la maladie».

L’OMS souligne toutefois que les scientifiques norvégiens ont analysé les échantillons de plus de 70 patients atteints du H1N1 et qu’»aucun autre signe de mutation n’a été détecté».

Selon les autorités sanitaires norvégiennes, «la mutation pourrait affecter la capacité du virus de pénétrer plus profondément dans le système respiratoire, provoquant de ce fait des maladies plus graves», estime l’Institut norvégien de santé publique dans un communiqué.

Changements spontanés

La mutation a été décelée dans les corps de deux patients tués par le virus et d’une personne très grièvement malade.

«Sur la base de nos connaissances actuelles, il ne semble pas que le virus qui a muté circule actuellement dans la population, mais plutôt que des changements spontanés se sont produits chez les trois patients», a précisé le directeur de l’institut norvégien, Geir Stene Larsen.

Les autorités ajoutent toutefois n’avoir aucune raison de croire que cette mutation ait une quelconque implication sur les effets des vaccins contre la grippe ou des médicaments antiviraux fabriqués par des laboratoires comme Roche, GlaxoSlithKline, Novartis ou AstraZeneca.

L’OMS précise également que malgré cette mutation, le virus «reste sensible aux médicaments antiviraux, l’oseltamivir et le zanamivir» et que les études démontrent que les vaccins actuellement disponibles contre la grippe pandémique «confèrent une protection».

Intensification en Europe

Vingt-trois personnes sont mortes du virus H1N1 en Norvège, un chiffre relativement élevé compte tenu de la faible population du royaume. Outre en Norvège, des cas de mutation du virus ont également été détectés depuis avril au Brésil, en Chine, au Japon, au Mexique, en Ukraine et aux Etats-Unis.

Plus tôt dans la journée, l’OMS a annoncé que le virus a fait 510 morts de plus en une semaine. Au moins 6770 décès liés à la grippe pandémique ont été recensés dans le monde, sur 525’000 cas confirmés en laboratoire.

L’OMS souligne dans son relevé hebdomadaire que la propagation du virus s’intensifie dans l’hémisphère nord, notamment à travers tout le continent européen. Aux Etats-Unis, le virus reste très actif et largement répandu, mais l’épidémie pourrait avoir atteint un pic dans la plupart des Etats américains, à l’exception du nord-est.

Le plus grand nombre de décès ont été enregistrés sur le continent américain, au total 4806 (contre 4512 il y a une semaine). En Europe, au moins 350 décès ont été recensés, contre 300 il y a huit jours. Les chiffres sont arrêtés au 15 novembre et n’incluent donc pas les trois décès annoncés en Suisse cette semaine.