SANTÉ

Nouveau laboratoire d’immunothérapie à Lausanne

Avec cette technique innovante qu’est l’immunothérapie, les médecins lausannois espèrent venir à bout de cancers réputés incurables comme les leucémies

Le CHUV a inauguré jeudi un laboratoire de production cellulaire pour l’immunothérapie sur le site Biopôle d’Epalinges. Cette structure permettra d’offrir des traitements de pointe pour la lutte contre le cancer, grâce à la fabrication de produits thérapeutiques personnalisés qui ciblent directement les tumeurs. Avec une capacité de 400 patients par an, il sera le plus grand centre académique du genre.

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L’immunothérapie a pour but de stimuler le système immunitaire du patient pour qu’il s’attaque aux tumeurs. C’est un procédé qui peut être personnalisé en utilisant les cellules sanguines et tumorales du patient lui-même. Une fois modifiées génétiquement, ces cellules renforcées et/ou multipliées lui sont réinjectées. L’immunothérapie a donné d’excellents résultats cliniques contre des cancers agressifs tels que des leucémies réputées incurables.

Dans un même bâtiment, des bureaux côtoient des salles de production aux conditions stériles. Cette proximité va favoriser le passage entre les découvertes en recherche fondamentale et leurs applications cliniques. De plus, le laboratoire devrait permettre d’identifier rapidement les patients, parmi ceux pour lesquels les traitements standards se sont révélés inefficaces, qui pourraient bénéficier d’une nouvelle thérapie. Ils seront ensuite intégrés à des essais cliniques qui pourraient leur apporter la guérison.

Synergie lausannoise

Ce centre d’immunothérapie hautement spécialisé opérera en synergie avec deux autres entités lausannoises. Tout d’abord, un centre pour la recherche sur le cancer de l’institut Ludwig basé à l’Université de Lausanne (UNIL), institut qui a d’ailleurs décidé de réduire le nombre de ses centres à travers la planète pour concentrer ses ressources sur trois d’entre eux, dont Lausanne. Le nouveau laboratoire sera également en étroite collaboration avec Agora, le futur centre suisse de recherche contre le cancer, actuellement en construction sur le site du CHUV. Ce bâtiment accueillera dès 2017 sous un même toit près de 300 chercheurs et cliniciens du CHUV, de l’UNIL et de l’EPFL.

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Initiateur du projet et directeur du département d’oncologie UNIL-CHUV, le professeur George Coukos certifie que «nous serons en lien étroit avec des collègues chercheurs fondamentaux, biostatisticiens et autres experts des institutions partenaires que sont l’UNIL, EPFL et l’institut Suisse de Recherche Expérimentale sur le Cancer (ISREC). Ensemble, nous nous sommes engagés à rendre accessibles à la population les thérapies les plus innovantes et prometteuses.»

Pour l’heure, le laboratoire attend encore l’inspection et l’autorisation d’exercer de l’institut suisse des produits thérapeutiques Swissmedic. Il ne sera complètement opérationnel que l’été prochain.


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