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Nouvelle découverte: des planètes à contre-sens

Les planètes peuvent tourner autour de leur étoile en sens inverse de celui connu dans notre système solaire. Cette découverte surprenante, à laquelle a participé l’Observatoire de l’Université de Genève, remet en question la théorie de la formation des planètes

L’examen de 27 exoplanètes dites «à transit», c’est-à-dire passant devant leur étoile-hôte du point de vue terrestre, a réservé une surprise aux astronomes. Six d’entre elles n’orbitent pas autour de leur étoile dans le sens de rotation de cette dernière mais en sens inverse, a indiqué mardi l’Observatoire européen austral (ESO).

«Nous lançons une véritable bombe dans le champ des exoplanètes», lance dans le communiqué de l’ESO Amaury Triaud, doctorant à l’Observatoire de Genève, qui a conduit la partie la plus importante de la campagne d’observation avec Didier Queloz et Andrew Cameron. Ces résultats vont obliger les scientifiques à réviser leurs théories concernant la formation des planètes.

Ces dernières se forment dans les disques de gaz et de poussière qui entourent les jeunes étoiles. Disques et étoiles tournent simultanément autour du même axe. Les astronomes estimaient dès lors que les planètes générées dans le disque tournent toujours dans cette même direction autour de l’étoile, ce qui est le cas dans notre système solaire.

Les théories, remises en question

Les nouvelles investigations, présentées cette semaine lors du National British Astronomy Meeting à Glasgow, contredisent cette vision. Elles ne sont pas non plus compatibles avec la théorie en vigueur jusqu’ici pour expliquer comment une certaine catégorie de planètes – nommées «Jupiters chauds» – se sont retrouvées sur un axe de rotation aussi proche de leur étoile.

Les chercheurs autour de Didier Queloz, de l’Observatoire de Genève, proposent une théorie alternative complexe pour expliquer ce processus. Mais celle-ci aurait pour conséquence de remettre en question la recherche de vie dans l’univers: aucune plus petite planète solide semblable à la Terre ne pourrait subsister dans de tels systèmes perturbés, avec une lutte acharnée de forces gravitationnelles, selon Didier Queloz.

Pour leurs investigations, les scientifiques ont utilisé notamment deux appareils développés à Genève, le spectrographe HARPS et le télescope Euler. Sur les 27 exoplanètes examinées, neuf sont nouvelles, ce qui porte le total à 452 exoplanètes connues.

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