Cette recherche effectuée par une équipe internationale menée par des ornithologues de l’Université d’Oxford, au Royaume-Uni, est la première à montrer une coopération réciproque parmi les oiseaux, après celle sur des chauves-souris vampires: ces dernières partagent le sang pour garder en vie d’autres chauves-souris qui ne sont pas leurs progénitures.

Les chercheurs, qui ont publié leurs résultats lundi dans la revue PNAS , ont étudié 14 ibis chauves (Geronticus eremita) lors d’une migration entre Salzbourg, en Autriche, et Orbetello, en Italie, à qui ils avaient attaché des enregistreurs de données permettant de suivre tous leurs mouvements.

Ils ont découvert que chacun des oiseaux changeait de position fréquemment dans la formation de vol formée de deux à douze ibis. Au total, chaque oiseau passait en moyenne 32% du temps à bénéficier du courant ascendant produit par le battement des ailes de ceux qui se trouvaient devant, et une proportion égale du vol à mener la formation, précisent les chercheurs.

Les jeunes peuvent mourir d’épuisement

Les migrations sont à haut risque pour les oiseaux, souligne les auteurs qui citent de précédentes recherches suggérant que jusqu’à 35% des jeunes peuvent mourir d’épuisement lors de leur première migration. Voler en formation aide à économiser de l’énergie vitale, poursuivent ces scientifiques, indiquant que des oies peuvent ainsi économiser de 10 à 14% de leurs efforts en volant derrière les autres oiseaux.

«Notre étude montre que la clé de ce comportement de coopération réciproque est très simple. Les ibis voyagent souvent par deux avec tour à tour l’un suivant l’autre pour bénéficier du courant ascendant produit par le premier», note Bernhard Voelkl du département de zoologie de l’Université d’Oxford, l’un des principaux coauteurs de cette étude. «Nous avons trouvé que les deux économisaient chacun un montant équivalent d’énergie», ajoute-t-il.

«Voler de cette manière dans de plus grandes formations permet de réduire encore davantage la fatigue de chaque membre, mais celles-ci sont moins stables vu le plus grand nombre d’oiseaux qui les forment», relève Bernhard Voelkl.