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On consomme trop de boissons sucrées dans les quartiers genevois en surpoids

Là où les Genevois ont le plus d’embonpoint, on consomme également trop de sodas ou de jus contenant des sucres ajoutés, conclut une étude qui a dévoilé une carte du phénomène

Amis Genevois en surpoids, attention aux boissons sucrées. Une étude parue dans la revue Nutrition & Diabetes établit pour la première fois une corrélation entre prévalence de l’obésité et consommation de boissons sucrées en excès dans certains quartiers de Genève.

Les résultats, représentés sur une carte géographique, sont limpides. Du côté de Meyrin, Vernier ou encore Carouge, les auteurs ont observé à la fois des indices de masse corporelle élevés (IMC) et un excès de boissons sucrées chez les habitants.

Les données ont été collectées, via des questionnaires et des mesures, entre 1995 et 2014 auprès de plus de 15 000 résidents du canton âgés de 20 à 74 ans dans le cadre de l’étude Bus Santé conduite par les Hôpitaux universitaires de Genève (HUG).

Les scientifiques ont ensuite replacé sur une carte les IMC des sujets en fonction de leur lieu de résidence. Puis ils ont ajouté un indice de la consommation de boissons sucrées, en fonction de ce qu’admettaient les participants de l’étude. En combinant ces deux informations, ils ont obtenu une carte très précise montrant une nette corrélation entre les deux paramètres.

«Cette étude plaide pour la mise en place de programmes de santé publique de précision […]. L’identification de zones spécifiques où la population présente un IMC trop élevé et une consommation importante de boissons sucrées peut permettre d’élaborer des interventions et des campagnes de prévention plus ciblées, plus adaptées et donc potentiellement plus efficaces», écrivent les HUG dans un communiqué.

Sodas dans le collimateur

Boissons controversées, les sodas et autres jus contenant des sucres ajoutés sont dans le collimateur de la médecine et des autorités, qui réfléchissent à des mesures pour limiter leur consommation, par exemple en imposant des taxes. De leur côté, les fabricants leur rétorquent que le lien entre sodas et obésité n’a jamais été avéré.

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Sans le prouver pour autant, cette étude met en évidence une intéressante corrélation qui resserre l’étau autour de ces boissons dont la consommation est en constante augmentation en Suisse et en Europe (respectivement 80 et 95 litres par personne et par an). L’obésité et le diabète ne sont pas les seuls griefs adressés aux boissons sucrées. A peine un petit verre de soda ou de jus de fruits par jour pourrait en effet favoriser la survenue de cancers, a établi une étude parue en juillet dans le British Medical Journal.

Ce n’est pas la première fois que de telles cartes font l’objet d’études scientifiques. En 2014, les mêmes auteurs montraient ainsi que l’obésité n’était pas distribuée au hasard dans les rues de Genève, mais ciblait certains quartiers (plus ou moins les mêmes que ceux nommés ici). Une autre, parue en 2016, était parvenue à des résultats similaires pour la ville de Lausanne.

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