Cet été, «Le Temps» portraiture quatre célèbres cadavres antiques bien conservés pour des raisons assez différentes les unes des autres.

Episodes précédents:

C’est le plus fameux cold case de tous les temps. Exhumé de son linceul glacé en 1991, Ötzi est entré dans une gloire posthume… près de 5300 ans après son décès par assassinat. Hallucinante découverte. Jamais défunt ne fut autant sondé, ausculté, disséqué. Un film a même été réalisé – notre collègue l’a, disons, moyennement apprécié. Enfin, plus de 40 publications scientifiques lui sont dédiées. Il faut dire que cette dépouille humaine, surgie quasi intacte d’un glacier et de la préhistoire, ouvre une fascinante fenêtre sur la vie des populations alpines de cette période.

Le 19 septembre 1991, un couple de randonneurs tombe sur le cadavre gelé d’un homme, à 3210 mètres d’altitude, dans le val de Senales en Italie. Il reposait à 92 mètres de la frontière avec l’Autriche, dans les Alpes de l’Ötzal – d’où le nom d’Ötzi. La fonte notable du glacier, cet été-là, a mis au jour le corps, momifié naturellement et en voie de décongélation. On tente alors de le dégager à l’aide d’un marteau-piqueur, ce qui brise l’humérus. La presse est alertée.