Médecine

Des ovules fertiles fabriqués en laboratoire

Des chercheurs japonais sont parvenus à créer des ovules de souris fertiles à partir de cellules-souches. Une découverte prometteuse pour le traitement de l’infertilité chez les femmes

Des chercheurs japonais sont parvenus à créer des ovules fonctionnels en culture cellulaire, indique une étude publiée mardi dans la revue scientifique «Nature». Elaborés à partir de cellules-souches, les ovules fertilisés par fécondation in vitro ont ultérieurement été transférés chez des souris. Ces ovules ont par la suite pu donner naissance à des souriceaux fertiles et bien portants.

Les ovules sont des cellules aux capacités particulières. Ils sont les seuls capables de se diviser pour produire absolument tous les types de cellules qui forment un organisme. En réussissant à en créer en laboratoire, Katsuhiko Hayashi et ses collègues de l’Université de Kyūshū à Maidashi au Japon sont parvenus à relever un des défis majeurs de la biologie du développement.

Découverte prometteuse

Selon Dorothéa Wunder, médecin spécialiste dans un centre de procréation médicalement assistée, cette découverte est prometteuse, notamment dans le domaine du traitement de l’infertilité. «Dès l’âge de 35 ans, les femmes voient la qualité et la quantité de leurs ovules diminuer. Ce processus naturel va s’amplifier avec les années, jusqu’à ce que la ménopause soit atteinte. Généralement dès 42 ans, il sera difficile d’avoir un enfant pour une femme.» Si la création d’ovules humains «de synthèse» à partir de cellules-souches se révèle un jour possible, il serait alors possible d’enlever cette limite naturelle qui empêche les femmes de procréer. «Sans compter toutes les femmes touchées de ménopause précoce, qui représente 1% de la gent féminine!», relève la médecin.

Mais cela reste de la musique d’avenir. Pour l’heure, seules quelques souris de laboratoire ont bénéficié du traitement. «Chez l’homme, ce type de différenciation et maturation de cellules in vitro n’a encore jamais été réalisé, même après plus de dix ans de recherches», rappelle Dorothéa Wunder.

La spécialiste soulève également un problème de l’ordre de l’épigénétique – l’étude de l’expression des gènes: «Comme l’ovule a été formé hors de son environnement naturel, les gènes de l’embryon pourraient s’exprimer différemment, ce qui pourrait entraîner un risque plus élevé de développer des pathologies comme l’hypertension, des problèmes métaboliques, etc.» Même si dans l’expérience japonaise, les souris ont été déclarées comme étant en bonne santé. On ne peut exclure des effets cachés, à découvrir sur le long terme.


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