Qu’il pince, qu’il meule, qu’il gèle, qu’il fasse frisquet, glagla ou encore monstre cramine, chacun a son expression favorite pour dire qu’il a froid. Rien d’étonnant à cela, vous répondrait Gilles Borel: «le froid n’existe pas, c’est une notion subjective», lâche d’emblée le co-commissaire de l’exposition temporaire Froid, qui se tient à partir du 18 juin et jusqu’en janvier 2022 au Palais de Rumine à Lausanne.

Et c’est justement sur ce point que démarre la visite, très ludique. On fourre ses mains dans des boîtes froides, dans des moufles, on rentre dans des chambres froides: tout est fait pour refroidir le visiteur non pas dans ses ardeurs mais dans ses thermorécepteurs, ces petits neurones dont les terminaisons fleurissent juste sous la peau. Tout est fait pour provoquer la surprise et le dialogue, pas étonnant: Froid est une exposition présentée en 2018 par la Cité des sciences et de l’industrie à Paris, connue pour ses installations didactiques à tripoter, à écouter, à découvrir comme on l’entend. «Cela rejoint parfaitement notre vision générale qui est de ne pas apporter de réponse toute faite au visiteur, qu’on laisse s’interroger et se forger son opinion», assure Gilles Borel.