Pour parvenir à l’objectif de zéro émission nette de CO2 d’ici 2050, la Suisse devra passer par la technologie des émissions négatives. Les conditions de son utilisation doivent être développées rapidement, montre un rapport approuvé mercredi par le Conseil fédéral. Certaines émissions de CO2 demeureront difficiles à éviter en 2050, notamment dans les secteurs de l’industrie, des déchets et de l’agriculture. Pour s’attaquer à celles-ci, il faudra recourir à des technologies permettant de capter le CO2 des installations et de le stocker (CSC) ou de retirer durablement le CO2 de l’atmosphère (NET).

Ces pratiques sont assez complexes. Et elles ne sont pas encore prêtes pour être utilisées à grande échelle. Pour les développer d’une manière économique, respectueuse de l’environnement et socialement acceptable dans les 30 prochaines années, il faudrait améliorer dès aujourd’hui les conditions-cadres, indique le gouvernement dans un communiqué.

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Sur le principe du pollueur payeur

Le rapport propose de développer le CSC et les NET en deux phases, la première allant jusqu’en 2030. Elle peut être mise en œuvre dans le cadre légal actuel. Dans un deuxième temps, dès 2030, il est prévu de mettre en place une infrastructure complète de transport et de stockage du CO2.

À l’issue de ces deux phases, en 2050, des installations de CSC devront avoir été mises en place dans les usines d’incinération des ordures ménagères et les cimenteries. Pour transporter et stocker le CO2 dans le pays, il faudra disposer d’une nouvelle infrastructure, comme des pipelines et des sites de stockage en sous-sol ou dans des matériaux de construction. Des investissements devront être réalisés dans les NET, notamment dans le cadre d’accords bilatéraux conclus avec des pays partenaires dans le domaine de la protection du climat.

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Le développement du CSC et des NET offre aussi l’occasion à la Suisse de consolider sa position de pôle scientifique et économique de premier rang, selon le Conseil fédéral. Le financement du développement du CSC et des NET devra reposer autant que possible sur le principe du pollueur-payeur. D’ici 2024, le Conseil fédéral examinera des propositions concrètes et clarifiera également les rôles de la Confédération, des cantons et du secteur privé. Le Parlement a récemment adopté une motion demandant au gouvernement d’encourager la recherche et le développement de technologies dans ce domaine. Des programmes sont déjà lancés.