Revenons un peu en arrière, au printemps 2020. Alors que le semi-confinement est déclaré en Suisse et que le télétravail se généralise, certaines professions considérées comme essentielles sont, elles, toujours mobilisées. Le fait d’avoir été, durant cette période, au contact de patients, de clients, de résidents d’EMS ou encore de jeunes enfants a-t-il entraîné un risque accru d’infection chez les professionnels concernés?

C’est justement la question que s’est posée une équipe de scientifiques des Hôpitaux universitaires de Genève (HUG) dans le cadre de l’étude SEROCoV-Work+ (réalisée en collaboration avec l'EPFL, l'Hôpital de la Tour, Hirslanden Clinique La Colline, la Clinique des Grangettes et la Chambre de commerce, de l'industrie et des services de Genève), dont les résultats ont été publiés ce 8 juin dans la revue Nature Communications. Pour y répondre, les chercheurs ont testé la présence d’anticorps anti-SARS-CoV-2 auprès de 10 513 personnes (âge moyen: 43 ans) représentant 16 secteurs différents d’activité sur le canton de Genève. Parmi ces dernières, 15,9% travaillaient dans les soins, 11,3% dans les transports, 10,5% dans des établissements médico-sociaux (EMS), 1,8% dans la construction, 1,6% dans les médias et 0,9% dans l’administration.