Les négociations internationales en vue d’un nouvel accord sur les émissions de gaz à effet de serre menacent de ne pas aboutir à Copenhague en décembre, se sont indignés les Européens au sommet du G20, organisé à Pittsburgh aux Etats-Unis.

Quelques jours après un premier sommet réuni à l’ONU à New York, les dirigeants des plus grands pays pollueurs du monde, en particulier les Etats-Unis et la Russie, devaient discuter à nouveau des moyens d’arriver à un nouvel accord sur les émissions de gaz à effet de serre.

En dépit de nouveaux engagements pris à New York par le Japon et la Chine, le pessimisme dominait chez les Européens, qui accueilleront la réunion des 7 et 8 décembre.

»En ce qui concerne les négociations, elles ralentissent, elles ne vont pas dans la bonne direction», a déploré le Premier ministre suédois, Fredrik Reinfeldt, qui assure la présidence tournante de l’Union européenne.

»Nous sommes très inquiets de la nécessité d’accélérer les négociations», a-t-il dit.

La chancelière allemande Angela Merkel ne s’est guère montrée plus optimiste.

»Il a eu des progrès, particulièrement du côté chinois, maintenant du côté japonais, et avec la rencontre à l’ONU avec (le secrétaire général) Ban Ki-moon», a convenu Mme Merkel avant de quitter Berlin pour Pittsburgh.

»Mais je dois dire que quand je regarde ce qui reste à faire avant Copenhague, on ne peut pas être content», a-t-elle admis.

Résultat, peu d’observateurs s’attendaient à une avancée majeure au sommet de Pittsburgh (est des Etats-Unis), même si le sujet figure au menu des discussions.

Les négociateurs du dossier pourront encore espérer faire des progrès lors d’une réunion programmée à Bangkok la semaine prochaine.

Ces discussions doivent déboucher sur la prolongation du Protocole de Kyoto de 1997, qui expire en 2012.

Alors que les Etats-Unis sous la présidence Bush avaient purement et simplement refusé d’appliquer les objectifs de Kyoto, le nouveau président Barack Obama promet depuis janvier de prendre des mesures fortes pour participer à la réduction des gaz à effet de serre. Le Congrès toutefois n’a pas encore légiféré sur la question.

Globalement, malgré des nuances entre eux, les pays développés s’entendent pour insister auprès des pays émergents afin qu’ils s’engagent eux aussi sur ce dossier.

Le président chinois Hu Jintao a déjà promis de réduire «notablement» la croissance des émissions de gaz à effet de serre de son pays d’ici 2020, comparativement à 2005.

Le nouveau Premier ministre japonais Yukio Hatoyama s’est également engagé à renforcer ses efforts.

Quant au Premier ministre australien Kevin Rudd, qui avait ratifié le protocole de Kyoto immédiatement après son entrée en fonctions en 2007, il a affirmé que tous étaient d’accord sur la nécessité d’un nouveau traité, mais qu’il faudrait un «grand marchandage» pour y arriver.

M. Rudd, qui s’adressait à des étudiants de l’université Carnegie Mellon en marge du sommet, a souligné qu’il fallait surtout considérer un accord sur le climat comme un facteur favorable à la croissance mondiale, méritant à ce titre de figurer à l’ordre du jour du sommet.

»Outre l’évitement d’une nouvelle crise, notre défi est de générer la croissance économique et les emplois de l’avenir, vu qu’on ne peut plus vraiment faire confiance au modèle précédent basé sur la consommation et l’endettement», a dit M. Rudd.

Or, d’après lui, un accord sur le climat «pourrait transformer la menace du réchauffement climatique en une formidable occasion de transformation économique».