«Chez les hommes comme chez les femmes, elle se trahissait d’abord par l’apparition de certaines tumeurs à l’aine ou aux aisselles. Certaines d’entre elles devenaient aussi grosses qu’une pomme commune, […] après quoi la forme de la maladie commença à changer, des taches noires ou livides faisant leur apparition dans de nombreux cas sur le bras ou la cuisse ou ailleurs…» C’est ainsi que l’écrivain italien Boccace, dans son recueil de nouvelles Le Décaméron, décrivait les symptômes de la peste noire qui fit des ravages atroces à Florence en 1348. Entre 1346 et 1353, la première vague de la seconde plus longue pandémie de peste de l’histoire humaine – elle a duré près de cinq cents ans – a touché très durement toute l’Europe, décimant près de 60% de sa population. A quel endroit et quel moment a-t-elle émergé? Pour quelles raisons? Ces questions passionnent les historiens depuis des décennies; elles conduisent à plusieurs hypothèses. L’une d’entre elles suggère que la peste noire a trouvé son origine en Asie centrale, quelque part dans le Kirghizistan actuel. Une équipe interdisciplinaire de scientifiques vient d’apporter une nouvelle preuve basée sur l’analyse de l’ADN ancien et publiée mercredi dans la revue Nature.