Après un voyage de plus de dix mois et de quelque 700 millions de kilomètres, la sonde américaine Phoenix s'est posée sans encombre, lundi 26 mai à 1h38 (heure suisse), sur le sol martien. L'événement n'a pu être confirmé par le Jet Propulsion Laboratory (JPL) de la NASA que quinze minutes plus tard - le temps pour le signal radio de la sonde de parcourir les 279 millions de kilomètres séparant, à ce moment, Mars de la Terre.

Comme prévu, le robot, qui héberge un microscope à force atomique développé à l'Université de Neuchâtel (LT du 22.05.08), a atteint l'extrême nord de la Planète rouge, se posant dans la région circumpolaire de Vasistas Borealis. Les premiers clichés, monochromes, des plats paysages de l'Arctique martien sont parvenus au centre de commande du JPL, à Pasadena (Californie), deux heures plus tard. Ils montrent également que les panneaux solaires de la sonde se sont correctement déployés. Avec ce succès, qui vient dans la foulée de ceux, en 2004, des rovers Spirit et Opportunity, la NASA tire un trait sur la série de fiascos de la fin des années 1990 qui avait conduit à une remise à plat de son programme d'exploration de la Planète rouge.

La réussite de la première phase de cette mission - qui a coûté 420millions de dollars (266 millions d'euros) et doit durer trois mois - est donc un soulagement pour l'agence spatiale américaine. Celle-ci s'était préparée au pire et avait axé, ces derniers jours, sa communication sur la grande difficulté à poser un atterrisseur sur Mars, ainsi que sur les nombreux échecs passés.

Une chance sur deux

Dans leurs dernières déclarations, les responsables de la NASA avaient ainsi répété que, depuis le début des années 1960, environ la moitié des tentatives de poser une sonde à la surface de Mars s'étaient soldées par un échec.

Contrairement à Spirit et Opportunity, qui arpentent toujours, quatre ans après leur arrivée, les régions équatoriales de la jumelle de la Terre, Phoenix - environ 410kg pour une hauteur de plus de 2 mètres et 5 mètres d'envergure de panneaux solaires - sera statique. «La sonde va étudier une zone assez énigmatique, dit François Forget, chercheur au Laboratoire de météorologie dynamique et spécialiste de Mars. Les observations réalisées en orbite ont en effet montré qu'une épaisse calotte de glace d'eau se trouve sous une fine couche de sédiments dans les zones arctique et antarctique de Mars. Phoenix devrait permettre de comprendre comment se sont formées ces couches de glaces épaisses, sans doute, d'une dizaine de mètres.