Avec l’augmentation en luminosité du Soleil – quelque 7% chaque milliard d’années –, la Terre subit un coup de chaud continu, certes très lent. Conséquences: à terme, l’eau à sa surface va s’évaporer totalement. Mais avant cela, c’est le gaz carbonique (CO2) présent dans l’atmosphère qui va fortement baisser – indépendamment des quantités que l’homme y rejette, car le phénomène se déroule sur une échelle de temps bien plus longue.

«Des précipitations plus acides, car chargées en CO2, vont dissoudre davantage les roches et créer des couches de carbonates au fond des océans», explique André Maeder, planétologue genevois. Habituellement, ce carbone sédimentaire est «avalé» dans le magma terrestre par subduction (une couche de croûte terrestre glisse sous une autre), puis réinsufflé dans l’air par les volcans, mais en quantités variables. Lorsque la concentration de CO2 dans l’air va passer en dessous de 10 parties par million (ppm) – il est actuellement d’environ 391 ppm –, la photosynthèse des plantes va s’arrêter, selon diverses études, dont celle de James Kasting, paléoclimatologue à l’Université de Michigan. Or qui dit photosynthèse en panne, dit déficit dans toute la chaîne alimentaire, les plantes ne poussant plus, mais surtout arrêt par ces dernières de la production d’oxygène. Et enfin, asphyxie des êtres vivants qui respirent ce gaz vital.

Probabilité: très grande Echéance: 500 millions d’années, 300 selon les plus pessimistes Dégâts: extinction des espèces vivant d’oxygène, soit une bonne part de l’arbre de l’évolution