Distinction

Le physicien genevois Nicolas Gisin reçoit le prestigieux Prix Marcel-Benoist

Le prix scientifique Marcel Bernoist 2014, aussi appelé «Nobel suisse» et doté de 50 000 francs, a été décerné à Nicolas Gisin, professeur de physique à l’Université de Genève. Le lauréat est reconnu comme un des fondateurs de la recherche en mécanique et cryptographie quantiques.

Le prix scientifique Marcel Bernoist 2014, aussi appelé «Nobel suisse» et doté de 50 000 francs, a été décerné à Nicolas Gisin, professeur de physique à l’Université de Genève. Le lauréat est reconnu comme un des fondateurs de la recherche en mécanique et cryptographie quantiques.

Le conseiller fédéral Johann Schneider-Ammann, président de la fondation Marcel Benoist, a reçu le professeur Gisin jeudi à Berne. Il l’a félicité pour cette récompense, a indiqué le Secrétariat d’Etat à la formation, à la recherche et à l’innovation (SEFRI) dans un communiqué.

La physique quantique est un pilier de la physique moderne. Elle cherche à mieux comprendre la structure fondamentale du monde physique au niveau des atomes et des molécules et permet d’expliquer par exemple le rayonnement laser, la microélectronique et la supraconductivité. Les travaux théoriques et expérimentaux de Nicolas Gisin ont donné des impulsions déterminantes au développement de ce champ de recherche.

Le professeur travaille depuis les années 1970 sur la physique quantique. Dans les années 1990, il a été un des premiers physiciens à comprendre comment transmettre des quantas par des réseaux de fibre optique et à déceler le potentiel considérable de l’application pratique de ce procédé.

Il a réussi à transmettre une clé de cryptage sur une distance de 23 kilomètres à travers des fibres industrielles reliant Genève à Nyon en passant sous le lac. La transmission de cette clé, protégée par les lois de la physique quantique et donc parfaitement aléatoire et confidentielle, a fait entrer la communication quantique dans le monde réel.

En 2006, Nicolas Gisin a démontré la transmission quantique dans les réseaux optiques commerciaux de Swisscom sur des distances de 10 à 100 km. La transmission sur de grandes distances nécessite des relais. A cette fin, il a développé en 2008 avec son groupe de recherche un «répéteur quantique».

L’expérience d’intrication quantique que Nicolas Gisin a réalisée avec succès entre Bernex et Bellevue est alors considérée par la Société Américaine de Physique comme l’un des faits scientifiques marquants du XXe siècle. Ces percées dans la cryptographie quantique ont été citées en 2003 par le Massachusetts Institute of Technology parmi les dix découvertes les plus prometteuses.

Ses travaux ont valu à Nicolas Gisin plusieurs distinctions internationales, dont le premier Prix John Stewart Bell de l’Université de Toronto en 2009. En 2008 il a obtenu, face à une forte concurrence européenne, un des premiers «Advanced Research Grants» du Conseil européen de la recherche (ERC).

Les travaux menés par Nicolas Gisin ont permis à d’autres équipes de recherche de lui emboîter le pas et d’étendre et développer le champ de recherche. Ses découvertes ne restent pas limitées à la recherche fondamentale mais ont permis à diverses start-up de développer des produits ou services commerciaux, par exemple pour la protection des données.

La cérémonie de remise du Prix Marcel Benoist aura lieu le 29 octobre à l’Université de Genève. Créé en 1920, ce «Nobel suisse» est le plus ancien prix scientifique helvétique. Il distingue chaque année des scientifiques établis en Suisse pour l’importance de leurs travaux et l’incidence de ceux-ci sur la vie humaine. Au cours de l’histoire presque centenaire du prix Marcel Benoist, dix lauréats ont par la suite obtenu le Nobel.

Depuis 2010, la dotation originelle de 100 000 francs a été divisée par deux, les finances de la fondation ayant été mises à mal par la crise financière.

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