Plus de cent ans après avoir découvert le phénomène de supraconductivité, un état de la matière où l’électricité est conduite sans aucune résistivité, les scientifiques tiennent enfin cette arlésienne qui leur échappait: la mise au point d’un matériau supraconducteur fonctionnant à température ambiante. Les travaux émanant d’une équipe de l’Université de Rochester à New York sont décrits dans la revue Nature, qui y consacre sa une cette semaine.

Plus que d’une percée révolutionnaire, il s’agit avant tout d’une prouesse expérimentale. Car le matériau en question – dont les auteurs eux-mêmes ne connaissent pas la nature exacte – n’existe que dans des conditions très particulières, sous une pression phénoménale équivalente à près de 3 millions de fois la pression atmosphérique. Les applications concrètes demeurent donc inenvisageables en l’état, mais la nouvelle mérite que l’on s’y attarde.