C’est un gros ouf de soulagement qu’ont poussé les initiateurs du projet Planet Solar: le catamaran solaire, avec lequel ils effectuent un tour du monde, a franchi sans encombre le golfe d’Aden, réputé pour être infesté de pirates. «Il se trouve au large de Port-Soudan, à mi-hauteur de la mer Rouge, confiait lundi Christophe Keckeis. Il existe un risque résiduel jusqu’à Suez, mais nous avons pu désarmer le navire.»

Comme l’avait révélé Le Temps, l’ancien chef de l’armée avait été engagé par l’équipe de Planet Solar pour sécuriser ce passage délicat ( LT des 16.1 et 8.2.2012 ). Outre l’installation de fils barbelés sur le catamaran pour empêcher tout abordage, le spécialiste avait privilégié l’option de faire embarquer des hommes armés: «Six militaires français, anciens commandos marines, qui font désormais partie d’une société spécialisée dans ce genre de protection», révèle Christophe Keckeis. «Ils ont été nos anges gardiens durant un mois», les a remerciés Raphaël Domjan, l’organisateur de l’expédition, dans un communiqué.

Une grosse frayeur

L’équipage du catamaran n’aura eu de grosses frayeurs qu’à une seule occasion: «Un navire qui ressemblait beaucoup à un bateau volé deux semaines plus tôt s’est trouvé à un mile nautique (1,8 km) du Planet Solar. S’il s’était rapproché davantage, la situation aurait passé de suspecte à hostile. Mais les pirates ont renoncé», explique Christophe Keckeis, qui estime avoir eu de la chance: durant les dernières semaines, il y a eu, dans la région, un cas de tentative de piraterie tous les 2 à 4 jours. Après deux arrêts en Egypte, à Hurghada et à Charm el-Cheikh, le Planet Solar va passer le canal de Suez et rejoindre la Méditerranée. Son arrivée est prévue le 4 mai à Monaco.