«Cette fois, nous sommes près du but.» Au 570e jour de navigation, Raphaël Domjan et l’équipe du PlanetSolar entrevoient le bout de leur périple d’environ 60 000 km autour du monde, prévu le 4 mai à Monaco – une première mondiale pour une embarcation à propulsion solaire.

Les conditions de l’exploit étaient d’ailleurs strictes, et basées sur de vieilles règles anglaises: départ et arrivée au même point, franchissement obligé de toutes les lignes de longitude, passage de l’équateur à deux reprises, ainsi qu’au moins une traversée de la route antipodale. «Nous devions nous retrouver à l’antipode d’un point de la planète par lequel nous sommes passés», explique Raphaël Domjan; soit Las Palmas, aux îles Canaries, et Brisbane, en Australie. «Pour qu’il n’y ait aucun doute, nous avons fait sceller devant notaire nos câbles de charges et nos générateurs de secours.»

Eviter les containers flottants

Le navire se trouve actuellement non loin d’Amalfi, en Italie, où il va effectuer une de ses dernières étapes avant Elbe puis la Corse.

Après la périlleuse traversée du golfe d’Aden, infesté de pirates, la remontée de la mer Rouge ne s’est pas faite sans mal: «Avec des vents contraires de parfois 80 km/h, nous avancions encore, mais pas vite. Si bien que nous avons dû faire plusieurs escales pour recharger nos batteries.» Et se faire plaisir, avec, par exemple, non loin du Soudan, la visite de PréContinent II, le village sous-marin du commandant Cousteau dans lequel six hommes ont vécu en été 1963. Une fois le canal de Suez passé grandiosement, le PlanetSolar a fondu sur la Grèce, puis la Sicile. «La météo pourrie nous a offert quelques fenêtres favorables, nous avons eu de la chance. Mais tout peut encore arriver, comme de heurter un container flottant. Donc nous restons vigilants.»