Les infrastructures solaires et éoliennes ont, pour la première fois, produit conjointement plus de 10% de l’électricité mondiale en 2021, selon un rapport publié mercredi par le centre de réflexion Ember, la Revue globale de l’électricité qui compile les données 2021 de 75 pays, représentant 93% de la demande mondiale.

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Désormais 50 pays ont atteint ce niveau, dont pour la première fois l’an dernier la Chine et le Japon. Pays-Bas, Australie et Vietnam connaissent la transformation la plus rapide, la part du solaire et de l’éolien ayant gagné dix points sur les deux dernières années.

Dix pays tirent plus du quart de leur courant de ces deux ressources, dont le Danemark 52%, le Luxembourg 43%, l’Uruguay 47%.

La production éolienne et solaire a crû de 17% en 2021, et devra garder un rythme de croissance annuelle de 20% d’ici à 2030, souligne Ember.

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Un rebond du recours au charbon

En tout, 38% de l’électricité mondiale est venue en 2021 de sources décarbonées, nucléaire inclus, la principale énergie renouvelable restant l’hydroélectricité – les barrages. Mais le charbon en a aussi généré 36%. Ember souligne le rebond de cette énergie, la plus nocive pour le climat, sous l’effet du boom de la demande électrique post-Covid.

De fait, la production des centrales électriques à charbon a connu en 2021 un rebond annuel inédit (+9%) depuis «au moins 1985», avec une production record de 10 042 TWh.

Si on ajoute +1% du fait du gaz, les émissions de CO2 liées au secteur de l’électricité ont ainsi atteint un sommet l’an dernier, dépassant de 3% le niveau record de 2018.

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Or pour limiter le réchauffement à 1,5 °C par rapport à l’ère préindustrielle, le secteur électrique devra s’étendre à de nouveaux usages (transports, chauffage etc), et être entièrement décarboné.