Biodiversité

Plus de 200 espèces d’oiseaux menacées ne sont pas repertoriées

Au travers d’observations satellitaires, cette étude révèle que la liste rouge de l’Union internationale pour la conservation de la nature sous-estime le nombre d’espèces menacées d’extinction

Plus de 200 espèces d’oiseaux vivant dans six pays en développement risquent une extinction rapide. Pourtant, elles ne figurent pas sur la liste rouge de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), selon une étude publiée mercredi.

Parue dans la revue américaine Science Advances, cette étude a cartographié les changements dans l’utilisation des sols qui entraînent une réduction de l’habitat de plus de 600 espèces d’oiseaux dans des forêts au Brésil, en Colombie, en Amérique centrale, à Sumatra, à Madagascar et en Asie du sud-est.

Lire aussi: La liste rouge de l’UICN élargie

Seules 108 de ces espèces sont actuellement inscrites sur la liste rouge de l’UICN. Les 210 autres, qui sont menacées d’une extinction accélérée, n’y apparaissent pas et ce, malgré le rythme de disparition de leur habitat mis en évidence récemment par des observations satellitaires.

«La Liste rouge de l’UICN, un outil très utile créé il y a 25 ans, ne recourt pas aux dernières avancées des technologies géospatiales», déplore Stuart Pimm, professeur d’écologie à l’Université Duke (Caroline du Nord), qui a dirigé ces travaux.

Des outils pour évaluer les risques d’extinction

Les cartes numériques très améliorées et une évaluation régulière à l’échelle de la planète de l’utilisation des sols par satellite permettent de déterminer les zones protégées par des parcs nationaux, précise-t-il.

En ne recourant pas à ces outils, la liste rouge sous-estime le nombre d’espèces en danger et empêche les scientifiques et les décideurs de déterminer les zones prioritaires de conservation.

«Savoir ce qui subsiste des habitats privilégiés et les étendues qui ont été détruites ou dégradées par les activités humaines est essentiel pour évaluer correctement les risques d’extinction, surtout pour les espèces évoluant dans des espaces géographiques restreints», explique Natalia Ocampo-Peñuela, de l’Université Duke, principale auteure de l’étude.

Les habitats naturels dans les endroits où la biodiversité est la plus riche disparaissent le plus rapidement, accélérant l’extinction de nombreuses espèces, pointe la scientifique. Empêcher ces extinctions nécessite de savoir quelles sont les espèces qui sont en danger et où elles vivent, poursuit-elle.

«En disposant de davantage de données, on peut prendre de meilleures décisions et avoir une plus grande chance de sauver des espèces et de protéger les habitats-clés», fait valoir la chercheuse.

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