Lancée fin mars, la campagne de recrutement de l’Agence spatiale européenne (ESA) pour trouver de nouveaux astronautes a attiré un nombre record de candidats. Au total, ce sont 22 589 citoyens des 22 Etats membres et trois Etats associés qui ont envoyé leur CV en deux mois et demi. Soit trois fois plus que lors de la précédente sélection en 2008, qui avait attiré un peu plus de 8400 aspirants.

C’est durant la campagne de 2008 que l’astronaute star des réseaux sociaux, le Français Thomas Pesquet, avait été recruté. Son exemple a manifestement fait des émules, puisque le contingent français arrive largement en tête avec 7 137 candidats, suivi par l’Allemagne (3 700) et le Royaume-Uni (1 979). Le nombre de candidats suisses s’élève pour sa part à 670. «C’est extraordinaire et certainement historique», s’est réjoui le directeur général de l’ESA, Josef Aschbacher, lors d’une conférence de presse vidéo ce mercredi

Mais au final, ils ne seront qu’entre quatre et six candidats à décrocher le poste tant convoité. Les aspirants doivent désormais franchir une sélection en six étapes qui s’achèvera à l’automne 2022. Parmi les critères pour être retenu, il faut avoir moins de 50 ans, un diplôme de master scientifique ou d’ingénieur et au moins trois ans d’expérience professionnelle. À l’issue de la prochaine étape qui comprend notamment des tests psychologiques ils ne seront plus qu’environ 1 500 candidats.

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«Nous recherchons aussi jusqu’à vingt personnes pour constituer un groupe de réserve», a aussi précisé Lucy van der Tas, responsable du recrutement de talent à l’ESA. Ces derniers ne seront pas immédiatement recrutés par l’agence mais seront contactés dès qu’une «opportunité de vol sera identifiée». Cette campagne de recrutement est destinée à soutenir le programme d’exploration de l’ESA qui court jusqu’en 2040.

Un recrutement plus diversifié

Pour la première fois l’ESA va aussi recruter un parastronaute. L’agence a ouvert les candidatures à des personnes atteintes d’handicaps physiques. Son objectif est d’évaluer la possibilité d’adapter ses équipements pour ouvrir l’accessibilité de ses missions spatiales à des astronautes handicapés mais remplissant les conditions psychologiques, cognitive et de compétence requises pour n’importe quel autre astronaute. 257 personnes ont envoyé leur candidature pour ce programme particulier.

Cette campagne a aussi attiré un nombre record de femmes, qui représentent 24% du total. Soit 5419 aspirantes. Leur nombre a été multiplié par quatre par rapport à 2008 où elles ne représentaient que 15% des candidatures.

«Etre astronaute est une opportunité en or, mais ce n’est pas la seule opportunité. L’ESA va recruter un grand nombre de collaborateurs dans les années à venir du fait de la vague de départs à la retraite qui s’annonce». directeur général de l’ESA, Josef Aschbacher. L’agence prévoit de recruter environ 500 personnes dans les cinq ans à venir.