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Les vaccins sont-ils réellement peu efficaces pour éviter la propagation du Covid-19, comme on peut régulièrement le lire sur certaines plateformes? Non, répondent plusieurs études qui montrent que malgré l’arrivée du variant Delta, les personnes entièrement vaccinées sont moins susceptibles d’en infecter d’autres.

Un article paru le 23 octobre dans la revue New Scientist fait le point sur l’état des connaissances sur la question, citant notamment une étude en pré-publication sur la plateforme medRxiv et conduite aux Pays-Bas, qui a comparé les taux d’attaque secondaire (c’est-à-dire la proportion de contacts infectés par des cas positifs) au sein d’un même foyer entre les cas index vaccinés et non vaccinés, sur la base des données dites de contact tracing recueillies dès lors que le variant Delta est devenu dominant et en tenant compte de facteurs tels que l’âge.

Selon cette recherche, les personnes vaccinées infectées par le variant Delta avaient 63% de probabilités en moins de transmettre le SARS-CoV-2 à des personnes non vaccinées. «Ce chiffre est à peine inférieur à celui lié au variant Alpha», explique dans le New Scientist Brechje de Gier, expert au centre d’épidémiologie et de surveillance des maladies infectieuses des Pays-Bas, qui a dirigé l’étude. Son équipe avait en effet constaté que les personnes vaccinées et porteuses du variant Alpha avaient 73% de chances en moins d’infecter des personnes non vaccinées.

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«L’effet global des vaccins sur la réduction de la transmission est même supérieur à 63% car la plupart des personnes vaccinées ne sont pas infectées en premier lieu, ajoute la chercheuse. Même en supposant que la vaccination ne réduise que de moitié le risque d’infection, cela signifierait que les vaccins diminuent globalement la transmission de plus de 80%.»

Excrétion virale réduite

D’où vient alors l’idée que les vaccins ne stopperaient pas, même en partie, les transmissions? Principalement d’un rapport des Centres pour le contrôle et la prévention des maladies américains publié en juillet dernier, qui établissait que les personnes vaccinées infectées avaient une charge virale similaire à celle des personnes non vaccinées. Notons que les données de l’étude React en Angleterre montraient que cette dernière était plus faible, et qu’une étude conduite à Singapour mettait en avant une charge virale similaire mais une durée d’excrétion virale réduite.

Une excrétion virale réduite, c’est également ce qu’a démontré un travail mené par une quarantaine de chercheurs américains ayant prélevé quotidiennement des échantillons sur 23 personnes (dont six totalement vaccinées) depuis le premier test positif jusqu’à la disparition de l’infection. Résultats: selon les scientifiques, la vaccination raccourcit la durée des périodes à fort potentiel de transmission, diminue la durée des symptômes, et semble également limiter la dissémination tissulaire.

Une mauvaise nouvelle toutefois: selon une recherche effectuée par l’Université d’Oxford, si le vaccin diminue bel et bien les transmissions, son efficacité semble s’atténuer avec le temps, d’environ un quart dans les trois mois qui suivent la deuxième dose de vaccin. Ce qui pourrait plaider pour une dose de rappel.