Les populations rurales privées de soins

Santé Rapportde l’OIT sur 174 pays

Plus de la moitié de la population mondiale vivant en zone rurale n’a pas accès aux services de santé, selon un rapport de l’Organisation internationale du travail (OIT) publié à Genève. Le rapport portant sur 174 pays révèle de grandes disparités dans l’accès à la santé. Dans les zones rurales, 56% des personnes sont exclues des soins essentiels, soit plus du double du chiffre des zones urbaines, où 22% des habitants ne sont pas couverts à l’échelle mondiale.

La directrice du Département de la protection sociale de l’OIT, Isabel Ortiz, a rappelé que «la santé est un droit humain fondamental et doit être garantie à tous les habitants d’un pays». «Le sous-investissement dans la santé en zone rurale représente un coût humain colossal», a-t-elle souligné. Par exemple, la mortalité maternelle est 2,5 fois plus élevée en zone rurale qu’en zone urbaine.

Pénurie de personnel

En Afrique, jusqu’à 83% des personnes résidant en zone rurale n’ont pas accès aux services de santé de base (contre 60% en zone urbaine). Les plus fortes différences sont constatées en Asie (56% contre 24%): en Indonésie par exemple, le pourcentage de personnes non couvertes est deux fois plus élevé dans les campagnes que dans les villes. En Amérique latine, le déficit est de 33% dans les campagnes contre 10% dans les villes. Mais dans un pays européen comme la Bosnie-Herzégovine aussi, l’écart est considérable: 67% de la population n’a pas de couverture santé dans les campagnes, contre 9% dans les villes.

La situation est aggravée par la pénurie de personnel dans les régions rurales. Bien que la moitié de la population mondiale vive dans ces régions, seulement 23% du personnel de santé y est déployé. Sur les 10,3 millions de médecins et infirmiers qui manquent à l’échelle mondiale, sept millions le sont dans les zones rurales.