Un premier repas distribué à l’étable à potron-minet, avant de laisser son troupeau pâturer sur les verdoyants hauts plateaux de Montalegre, région classée au patrimoine agricole mondial par l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture et porte d’entrée du Peneda-Gerês, unique parc national du Portugal.

Pour Antonio Nogueira, 58 ans, le rituel est immuable depuis trois décennies. Jusqu’à quand? «Si le projet de mine à ciel ouvert voit le jour, ma maison, mon exploitation, tout ce que j’ai construit, tout ce dans quoi j’ai investi, sera réduit à néant. La montagne qui fait face serait entièrement rasée, creusée jusqu’à 150 mètres. Le bruit, la poussière, rendraient la vallée invivable, et surtout l’exploitation contaminerait toutes les sources d’eau qui abreuvent les bêtes et alimentent mes champs. Fini le foin et le maïs, angoisse, la main tremblotante, l’éleveur de vaches et de veaux. A mon âge, quelle reconversion pourrais-je bien espérer?»