TRAUMATISMES

Pourra-t-on un jour effacer nos mauvais souvenirs?

En alliées des psychothérapeutes, les neurosciences mettent en lumière les mécanismes obscurs du cerveau et renouvellent l’arsenal de méthodes pour neutraliser la mémoire traumatique… Jusqu’à l’effacement complet, un jour?

Lucia* n’arrivait pas à se l’expliquer. Mais depuis quelque temps, les journées d’été torrides et un soleil éclatant provoquaient chez elle des accès de panique foudroyants. Comme s’il fallait se méfier et se préparer à un danger imminent. Victime de crises d’angoisse, la jeune femme a mis un moment à remonter le fil, jusqu’à ce mois de juillet lointain, lumineux et étouffant, où elle avait appris une tragédie vécue par une amie très proche. Par mesure de sécurité, le cerveau avait enfermé l’effroi dans un recoin de la conscience, sans se douter qu’un jour la boîte de Pandore s’ouvrirait et déclencherait le chaos.

Un souvenir qui revient hanter jour et nuit, qui transforme les rêves en cauchemars. Un flash-back maléfique qui empoisonne l’existence et empêche d’aller de l’avant. Si peu d’entre nous peuvent se prévaloir d’un passé sans troubles, sans épisodes douloureux qu’on aurait préféré oublier, pour certains la mémoire traumatisante se transforme en mal sournois, porteur d’anxiété chronique et paralysante. Parfois, la souffrance est si insupportable que le seul souhait des victimes est de se faire effacer le souvenir lancinant. Pilule de l’oubli, choc électrique ou lumineux, intervention dans les rêves et le subconscient: les productions hollywoodiennes regorgent de remèdes à la frontière entre la science et la fiction. De telles opérations seraient-elles un jour possibles?