C’est une étape marquante dans l’histoire de l’Hyperloop, concept de train futuriste à ultra-haute vitesse. La start-up américaine Virgin Hyperloop a annoncé lundi avoir procédé avec succès au premier test de transport de passagers sur sa «DevLoop», tunnel contenant une piste d’essais construite dans le désert du Nevada.

Le train a embarqué deux passagers, deux cadres de Virgin Hyperloop, selon un communiqué de la société. La capsule, nommée Pegasus, est entrée dans un sas de dépressurisation à l’entrée de la piste. L’air a été pompé afin de créer un vide à l’intérieur du tunnel, ce qui a permis à la capsule de circuler avec une moindre résistance de l’air, condition sine qua non pour atteindre des vitesses élevées. Sans cela, l’air forme un «bouchon» qui freine les déplacements. La capsule a pu parcourir 500 mètres en 15 secondes, atteignant 172 km/h.

Une telle vitesse, inférieure à celle des trains existants, n’a rien d’impressionnant. Le record absolu de vitesse sur rails est actuellement détenu par le train L0 Series, au Japon, avec 603 km/h. Le Shanghai Maglev, en Chine, possède quant à lui le record en utilisation commerciale avec 430 km/h. Dans les deux cas, ces trains sont des «Maglev» dits à sustentation magnétique: ils «lévitent» sur des rails grâce à des aimants, ce qui leur permet de se débarrasser des frottements – exactement comme l’Hyperloop.

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Une fois les frottements entre roues et rails disparus, il subsiste une autre source de résistance au déplacement: l’air. En circulant dans des tunnels sous vide, l’Hyperloop espère s’en débarrasser pour atteindre des vitesses inédites, de 1000 voire 1200 km/h.

«Je ne peux pas vous dire combien de fois j’ai entendu, «est-ce que l’hyperloop est sûr?» Grâce à ce test avec des passagers, nous avons répondu avec succès à cette question», se félicite Jay Walder, directeur général de Virgin Hyperloop.

Le concept de l’Hyperloop a été imaginé en 2013 par le patron de Tesla et de SpaceX Elon Musk, quoique dans une version assez différente de celle d’aujourd’hui. D’autres start-up se sont engouffrées dans la brèche avec notamment outre Virgin, l’américaine Hyperloop Transportation Technologies (HyperloopTT ou HTT) et la canadienne TransPod.

Virgin Hyperloop a été fondée en 2014 à Los Angeles sous le nom d’Hyperloop Technologies, puis Hyperloop One, avant d’être rebaptisé en 2017 avec l’arrivée au capital du milliardaire britannique Richard Branson. La SNCF et l’opérateur portuaire émirati DP World font également partie des actionnaires. L’objectif de l’entreprise est une mise en service de son train «au milieu des années 2020».

Un calendrier qui paraît bien optimiste, compte tenu des nombreux obstacles présents sur la voie. Aucun gouvernement n’a pour le moment formellement autorisé un tel mode de transport. Au niveau technologique, le maintien d’un vide strict dans de longs tunnels pose question, et nombre de spécialistes estiment la chose impossible à un coût raisonnable. La présence et l’utilisation du sas au départ et à l’arrivée, indispensable et chronophage, risque également de ruiner le bilan du train en allongeant les trajets et en pesant sur la cadence des capsules. Enfin, l’Hyperloop peut difficilement effectuer des virages et doit donc préférentiellement circuler en ligne droite, ce qui complique énormément les tracés des futures lignes.