La sonde émiratie «Al-Amal» (Espoir), première mission spatiale arabe vers la planète Mars, a décollé lundi à 6h58 et 14 secondes (dimanche 23 h 58 en Suisse) depuis le centre spatial de Tanegashima (sud-ouest du Japon), selon un communiqué de Mitsubishi Heavy Industries (MHI), l'entreprise japonaise chargée d'assurer le lancement de la sonde, qui était diffusé en ligne en direct. Un lancement qui a été reporté à deux reprises, la semaine dernière, en raison du mauvais temps.

Fondé en 2006 à Dubaï, le Centre spatial Mohammed Bin Rashid (MBRSC) a été le fer de lance du projet Al-Amal auquel ont participé quelque 450 personnes, dont plus de la moitié émiraties. Mais les Emirats ne disposent pas pour l'instant d'une base de lancement. D'où le recours au centre spatial japonais de l'île de Tanegashima et au lanceur de MHI.

Cinq minutes après son départ dans un ciel radieux, le lanceur H-IIA numéro 42 transportant la sonde a largué ses premiers propulseurs et respectait la trajectoire prévue.

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Sarah al-Amiri, directrice adjointe du projet et également ministre des Technologies avancées des Emirats, a fait part de son «sentiment indescriptible» au moment du décollage. «C'est le futur des Emirats arabes unis», a-t-elle déclaré à la chaîne Dubaï TV depuis le centre de lancement japonais.

Une ruée vers Mars cet été

Engin spatial non habité, Al-Amal devrait commencer à orbiter autour de Mars d'ici février 2021, marquant le 50e anniversaire de l'unification des sept principautés qui forment les Emirats arabes unis. Une fois sur place, la sonde doit faire le tour de la planète rouge pendant toute une année martienne de 687 jours terrestres. L'objectif est de fournir une image complète et inédite de la dynamique du temps dans l'atmosphère de Mars.

Le programme émirati inaugure cet été une véritable ruée vers Mars, puisque deux autres missions non habitées doivent prochainement partir vers cette planète en raison d'une fenêtre de tir favorable depuis la Terre. 

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Les Etats-Unis comptent ainsi faire décoller cet été leur rover martien le plus sophistiqué à ce jour, «Perseverance», qui va tenter d'y déterrer des preuves que des microbes vivaient sur cette planète il y a trois milliards et demi d'années. La Chine s'apprête aussi à expédier d'ici fin juillet une sonde et un petit robot téléguidé vers Mars, sous le nom de mission «Tianwen-1».

Les ambitions spatiales de Hazza al-Mansouri 

Plus connus pour leurs immenses réserves de pétrole et de gaz naturel, leurs gratte-ciel et leur goût du luxe, les Emirats arabes unis ambitionnent de devenir un acteur majeur dans le domaine des sciences et des technologies.

En septembre dernier, Hazza al-Mansouri est devenu le premier Emirati envoyé dans l'espace, au côté d'un équipage de trois membres à bord d'une fusée russe Soyouz. L'astronaute est aussi le premier citoyen arabe à visiter la Station spatiale internationale (ISS). Les ambitions du richissime Etat du Golfe vont encore plus loin puisqu'il projette d'établir une colonie humaine sur Mars d'ici moins d'un siècle. Afin de s'y préparer, il prévoit de créer une «cité scientifique» dans le désert en périphérie de Dubaï, pour simuler les conditions martiennes et développer la technologie nécessaire pour coloniser la planète rouge.

En 2018, un lanceur similaire de MHI avait déjà mis en orbite le premier satellite conçu par les Emirats, KhalifaSat. A ce jour seuls les Etats-Unis, l'Inde, la Russie et l'Agence spatiale européenne ont placé avec succès des sondes autour de Mars. Et seuls les Américains ont réussi à y faire atterrir des robots intacts: quatre atterrisseurs (fixes), et quatre engins mobiles appelés rovers (Pathfinder, Spirit, Opportunity et Curiosity, le seul encore actif).

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