Un pas symbolique vient d’être franchi en matière de recherches sur l’embryon. Certains parleront d’un risque de «transgression» ou de «brouillage des frontières» entre l’espèce humaine et les autres espèces animales. D’autres mettront en avant les perspectives de progrès scientifiques et biomédicaux ouvertes par ces travaux. Deux équipes, l’une française, l’autre sino-américaine, sont parvenues à créer des embryons chimères singe-homme. Plus précisément, elles ont introduit des cellules humaines dans des embryons de singe, qui ont ensuite été cultivés en laboratoire durant trois jours (pour l’équipe française) ou dix à dix-neuf jours (pour l’équipe sino-américaine). La première étude a été publiée le 12 janvier 2021 dans la revue Stem Cell Reports. La seconde, le 15 avril dans la revue Cell.

Ces travaux suscitent une salve d’interrogations. Quels sont les bénéfices escomptés? Quels sont les risques? Et quels sont les enjeux éthiques? «Ces recherches n’ont pas vocation à faire tout et n’importe quoi. Nous sommes très conscients de leurs enjeux biomédicaux, mais aussi éthiques», assure Pierre Savatier, de l’Inserm à Lyon, qui a coordonné l’étude française.