Les gènes les plus précoces identifiés

Biologie Etude sur des embryons

Que se passe-t-il dans les tout premiers instants qui suivent la fécondation d’un ovule par un spermatozoïde? Une équipe de généticiens suédois de l’Institut Karolinska de Stockholm vient d’éclairer ce phénomène méconnu en identifiant les gènes exprimés immédiatement après la fécondation d’un ovule humain. «Ils ont pour cela étudié du matériel génétique provenant d’ovules suisses tout juste fécondés et congelés, mais voués à la destruction au bout de cinq ans, comme l’exige la loi sur la procréation médicalement assistée», explique au Temps la biologiste Marisa Jaconi, de l’Université de Genève, qui a participé à ces travaux.

Les résultats, publiés le 3 septembre dans la revue Nature Communications, indiquent que deux jours après la fécondation, seuls 32 gènes (sur les quelque 23 000 que nous possédons tous) sont actifs. Au troisième jour, ce sont 129 gènes qui sont exprimés.

Gènes mobiles

De quels gènes s’agit-il? «Certains codent directement des protéines, tandis que d’autres sont impliqués dans la régulation de l’expression d’autres gènes», dit Marisa Jaconi. Cette régulation se ferait via de petits fragments d’ADN capables de se déplacer au sein du génome, les rétrotransposons. «Ils semblent particulièrement impliqués dans l’activation du génome embryonnaire», précise la biologiste. «L’un de ces gènes, ZSCAN4, est notamment très exprimé par l’embryon au stade quatre cellules», ajoute-t-elle. Il s’agit d’un des gènes rentrant en jeu dans la mise au point de cellules souches pluripotentes induites, des cellules souches fabriquées par ingénierie dont la recette a valu en 2012 un Prix Nobel à son concepteur, le Japonais Shinya Yamanaka. Connaissant mieux ce stade précoce du développement, les chercheurs pourraient par exemple améliorer les procédés de fabrication de ces cellules souches induites mais aussi remédier aux problemes de fertilité.