L’Organisation mondiale de la Santé a estimé mardi que près de la moitié des porteurs du VIH dans le monde ne savaient pas qu’ils étaient contaminés. «Plus de 40% des personnes porteuses du VIH, c’est-à-dire environ 14 millions de personnes, ne connaissent pas leur statut», a estimé l’OMS.

Il s’agit d’une extrapolation basée sur le nombre de personnes testées positives au VIH et qui ne le savaient pas au moment du test. La tendance est cependant en nette amélioration depuis dix ans grâce au dépistage. L’OMS indique qu’entre 2005 et 2015, la proportion de personnes connaissant leur statut pour le VIH est passée de 12% à 60% à l’échelle mondiale.

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Dans ces 31 pays, les rapports sexuels entre hommes sont le premier mode de transmission et le seul qui progresse encore régulièrement. Les relations hétérosexuelles concernent 32% des diagnostics et la toxicomanie 4%.

Un meilleur accès à l’autodépistage

L’OMS a lancé mardi à Genève de nouvelles directives pour le traitement du sida. «L’autodépistage devrait permettre à de nombreuses personnes de connaître leur statut et de savoir comment obtenir le traitement», a souligné la directrice générale de l’OMS Margaret Chan. Grâce à l’autodépistage, les gens peuvent savoir en 20 minutes maximum depuis leur domicile s’ils sont porteurs ou non du VIH, en utilisant leur salive ou un peu de sang prélevé sur un doigt.

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«En proposant l’autodépistage du VIH, on peut donner aux gens les moyens de prévenir leurs partenaires et de les encourager à se faire également dépister», a déclaré le Dr Gottfried Hirnschall, Directeur à l’OMS du Département VIH/sida.

Un dispositif cher

Les paquets d’autodépistage existent depuis plusieurs années soit dans les pharmacies de certains pays ou par Internet, a indiqué devant la presse une responsable du Programme mondial du VIH à l’OMS. Mais ces directives doivent «stimuler» l’accès et encourager de manière formelle les gouvernements à les prendre en compte.

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Problème, ces paquets sont chers. Ils atteignent par exemple 40 dollars aux Etats-Unis. «Nous devons avoir encore un prix encore moins cher», a estimé le directeur des opérations d’UNITAID Robert Matiru. L’OMS collabore avec UNITAID pour un projet jusqu’en 2017 dans trois pays africains. Il pourrait être étendu à d’autres Etats.

Il y a actuellement 23 pays qui ont des politiques nationales soutenant l’autodépistage, mais l’accès à ces tests dans la majeure partie du monde reste limité, a averti l’OMS.

Un constat appuyé par l’Union Européenne

Un porteur du VIH sur sept dans l’UE ignore son état, montre une étude publiée également mardi par l’UE. Le chiffre concerne les 28 pays de l’Union européenne, plus l’Islande, le Liechtenstein et la Norvège. «Le VIH et le sida restent un problème grave et particulièrement inquiétant en Europe», a déclaré le commissaire européen à la santé Vytenis Andriukaitis.

«Ceux qui ne savent pas qu’ils sont contaminés ne peuvent bénéficier d’un traitement qui leur sauvera la vie et peuvent continuer à transmettre à d’autres le virus», a souligné Vytenis Andriukaitis. Près de la moitié des cas dans ces pays sont diagnostiqués à un stade tardif de la contamination, a précisé l’ECDC.

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