médecine

Les Prix Louis-Jeantet récompensent la thérapie génique et «l’optogénétique»

Attribués depuis plus de 30 ans, les prix qui mettent à l’honneur la recherche en Europe ont été décernés ce mardi. L’Italien Luigi Naldini et le Hongrois Botond Roska ont été distingués pour leurs recherches

Les Prix Louis-Jeantet 2019 ont été attribués mardi à l’Italien Luigi Naldini, 60 ans, et au Hongrois Botond Roska, 50 ans. Le premier est un pionnier de la thérapie génique, tandis que le second ambitionne de restaurer la vision des personnes aveugles.

Les Prix Louis-Jeantet comptent parmi les distinctions les mieux dotées en Europe. Chacun des deux lauréats recevra 500 000 francs, dont 450 000 francs pour la poursuite de leurs travaux de recherche et 50 000 francs qui leur seront remis à titre personnel, a fait savoir la Fondation Louis-Jeantet.

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La thérapie génique est une technique d’avenir. Elle vise à remplacer des gènes défectueux au sein de cellules par des gènes sains. Pour y parvenir, il faut développer des vecteurs qui permettent de transporter avec efficacité ces gènes sains. Luigi Naldini en a fait sa spécialité.

Des résultats prometteurs

Le professeur de l’Université San Raffaele, à Milan, a ainsi mis au point un vecteur dérivé du VIH, le virus responsable du sida. De nouvelles stratégies de thérapie génique ont pu être élaborées sur cette base. Une centaine d’enfants et de jeunes adultes souffrant de maladies rares et fatales ont déjà bénéficié de ces avancées. Dix ans après avoir été traités, la grande majorité des patients, qui auraient déjà succombé à leur maladie sans intervention, peuvent aujourd’hui mener une vie quasi normale. Les efforts du professeur Luigi Naldini portent maintenant sur la possibilité non pas de remplacer les gènes défectueux dans les cellules, mais de les corriger.

Botond Roska, pour sa part, est source d’espoir pour les personnes mal ou non voyantes. Avec son équipe, il a étudié et élucidé les interactions cellulaires et les circuits neuronaux qui sont à l’origine de cécités héréditaires. Il en est résulté le développement de nouvelles thérapies.

Des capteurs transformés en photorécepteurs artificiels

A l’aide de techniques «d’optogénétique», le professeur hongrois et son équipe sont parvenus à délivrer des capteurs de lumière génétiquement codés dans des cellules jouant un rôle crucial au sein des rétines aveugles. Ces capteurs, transformés en photorécepteurs artificiels, ont permis de restaurer partiellement la vision. Le professeur hongrois, qui est le directeur et le cofondateur de l’Institut d’ophtalmologie moléculaire et clinique de Bâle, entend poursuivre ses travaux en développement des méthodes permettant de comprendre l’architecture fonctionnelle de la rétine humaine saine et malade.

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Les Prix Louis-Jeantet sont attribués depuis 1986 à des chercheurs exerçant leur activité dans un des pays membres du Conseil de l’Europe. Il ne s’agit pas de récompenser une œuvre achevée, mais de financer la poursuite de projets de recherche innovants, rappelle la Fondation Louis-Jeantet. La Fondation Louis-Jeantet a été créée en 1983, selon les vœux posthumes de l’homme d’affaires français genevois d’adoption Louis Jeantet. Etablie à Genève, elle a pour vocation de faire avancer la médecine et de défendre l’identité et la place de la recherche biomédicale européenne dans la compétition internationale.

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