L'usage des moustiquaires, même imprégnées d'un insecticide, n'est jamais efficace à 100%. Heureusement, disent les spécialistes. Dans des régions à hauts risques, les enfants finissent fatalement par être infectés un jour ou l'autre. En vivant très tôt avec le parasite dans le sang, ils peuvent rapidement développer des défenses immunitaires efficaces. Celles-ci, bien qu'elles n'évitent pas les accès de fièvre, les protégeront néanmoins durant leur vie. «Une des craintes qu'avait soulevées cette technique était qu'elle allait retarder le développement de l'immunité du nourrisson, explique Blaise Genton, responsable du Centre de vaccination et de médecine des voyages à Lausanne. On sait maintenant que ce n'est certainement pas le cas.»

Les moustiquaires traitées préviennent efficacement la surinfection et donc les épisodes paludiques à répétition. Ces dernières, ajoutées à une malnutrition chronique caractéristique des régions touchées par la malaria, provoquent de sévères anémies qui représentent une des premières causes de décès chez les tout petits.

A la fois cause et conséquence de la pauvreté, la malaria tue entre 1 et 2millions de personnes par année dans le monde et porte à elle seule la responsabilité du quart de la mortalité infantile. Des centaines de millions d'épisodes cliniques sont enregistrés annuellement.