La généalogie du jour

Quatre générations de réacteurs

Décryptage de l’évolution des centrales nucléaires, des années 1950 à aujourd’hui

La première génération de réacteurs nucléaires est apparue au début des années 1950, principalement en Union soviétique, en France, aux Etats-Unis et au Royaume-Uni, comme à Sellafield (photo ci-dessus). En l’absence de technologie industrielle d’enrichissement de l’uranium, ces réacteurs utilisaient de l’uranium naturel. Cela permettait aussi de produire du plutonium pour l’armement.

Aujourd’hui, la deuxième génération représente l’écrasante majorité des réacteurs en exploitation. Les centrales suisses appartiennent à cette catégorie, Fukushima aussi. Elle est apparue dans les années 1970, améliorant la compétitivité du secteur sur fond de crise pétrolière. Ce fut l’essor des réacteurs à eau – bouillante ou pressurisée – fonctionnant désormais à l’uranium enrichi.

Les tout premiers réacteurs de génération III sont en cours de construction. Le projet le plus avancé est celui de la compagnie française Areva, sur l’île d’Olkiluoto, en Finlande. Mais la mise en service a déjà été plusieurs fois retardée. Ces réacteurs sont censés offrir une meilleure sécurité, notamment grâce à une double enceinte de confinement avec système de filtration pour réduire les risques de fuite. Une sorte de «cendrier» est en outre placé sous la cuve du réacteur. En cas d’accident, si le matériel en fusion venait à percer la paroi, ce dispositif devrait permettre de le récupérer et de le stabiliser. Enfin, des systèmes de sécurité «passifs» doivent être capables d’arrêter le réacteur sans électricité ni intervention humaine.

Certains pays planchent déjà sur la génération IV. Plusieurs technologies sont regroupées sous cette appellation. Leurs promoteurs font miroiter un saut substantiel en rendement, ainsi qu’une production moindre de déchets. Ces réacteurs devraient par ailleurs aussi permettre de produire de l’hydrogène, comme alternative aux combustibles fossiles dans les transports.

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