Bonne année Dimitri Mendeleïev! Le célèbre chimiste russe, auteur en 1869 du tableau périodique de classement des éléments chimiques, serait heureux d’apprendre qu’en ce début d’année, de nouvelles cases ont été remplies.

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Le tableau de Mendeleïev classe les atomes dans l’ordre croissant de leur numéro atomique, qui décrit la configuration des particules et des électrons qui les composent. L’hydrogène est l’élément le plus léger; son numéro atomique est égal à 1. Les scientifiques n'ont cessé de faire évoluer cette table depuis sa publication au XIXe siècle. Elle comprend 118 cases pour autant d’éléments, connus ou inconnus, et jusqu’à il y a cinq jours, plusieurs cases étaient demeurées vides dans la 7ème ligne, celles des éléments les plus lourds, 113, 115, 117 et 118, dits «superlourds».

Mais voilà le vide comblé puisque L’Union internationale de chimie pure et appliquée (IUPAC) a validé leur découverte le 30 décembre dernier dans un communiqué. L’élément 113 a été observé par une équipe de chercheurs japonais de l’Institut de recherche du Riken. Les trois autres éléments sont le fruit de travaux de scientifiques de l’Institut de recherche nucléaire de Dubna en Russie et des laboratoires de Lawrence Livermore et d’Oak Ridge aux Etats-Unis.

Les quatre éléments portent pour l’instant un identifiant à trois lettres qui renvoie au numéro atomique en latin: ununtrium pour cent treize, (Uut), ununpentium pour cent quinze (Uup), ununseptium pour cent dix-sept (Uus), et ununoctium pour cent dix-huit (Uuo). Les nouveaux superlourds n’ont pas encore de noms propres; ils sont en cours d’étude et seront révélés dans quelques mois. Selon la nomenclature de l’IUPAC, les chercheurs peuvent leur donner un nom qui fait référence à la mythologie, à un minéral, un lieu géographique ou un scientifique.

Le dernier ajout à la table périodique date de 2011 avec le Copernicium, numéro atomique 112, ainsi nommé en l’honneur de l’astronome polonais Nicolas Copernic, et le Flérovium (Fl), de numéro atomique 114 et qui porte le nom de l’Institut de recherche russe où il a été découvert.

Enfin, peu de chance pour le promeneur de trébucher sur un caillou de ununseptium. Les éléments superlourds nouvellement découverts sont artificiels, radioactifs et n'ont aucune application pratique. Ils sont détectés par des scientifiques dans des conditions rares et compliqués créées en laboratoire: ces éléments sont les produits de la fusion entre deux atomes après leur collision. Et leur durée de vie n’est que d’une fraction de seconde à cause de leur radioactivité!