Ne dompte pas les atomes qui veut. La matière ne se laisse pas faire, c’est ainsi. Ce ne sont pas les physiciens de la fusion nucléaire qui vous diront le contraire. Ces scientifiques tentent depuis plusieurs décennies de maîtriser le processus de fusion nucléaire, le même phénomène qui règne au cœur du Soleil et des étoiles. Pourquoi? En tout cas pas uniquement pour la beauté de la science, car la réaction de fusion s’accompagne d’une gigantesque libération d’énergie, faisant miroiter la possibilité d’une production électrique quasi illimitée, l’hydrogène utilisé pour ce faire étant l’élément le plus abondant de l’Univers.

La route vers la fusion n’est pas un long fleuve tranquille. Pour que deux atomes de deutérium et de tritium – deux isotopes de l’hydrogène – acceptent de fusionner, il faut les chauffer, et pas qu’un peu: 150 millions de degrés Celsius sont nécessaires. Pour y parvenir, les physiciens électrisent ces atomes gazeux, créant ainsi un plasma ultra-chaud qui circule dans un réacteur en forme de donut, appelé «tokamak».