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© MARTIN BUREAU/AFP

Environnement

Avec le réchauffement climatique, les légumes vont devenir plus rares

Des chercheurs préviennent que la hausse des températures devrait provoquer une réduction de plus d’un tiers des récoltes, à moins qu’une solution ne soit trouvée sous peu

Avec le réchauffement climatique, les légumes pourraient devenir plus rares partout dans le monde, à moins que de nouvelles formes de culture soient mises en place et qu’on cultive des variétés de légumes plus résistantes, ont averti des chercheurs lundi 11 juin.

La hausse de température de 4 degrés Celsius à laquelle s’attendent les scientifiques en 2100, si le réchauffement climatique se poursuit à son rythme actuel, réduirait les récoltes de 31,5% en moyenne, montre cette étude publiée dans les comptes-rendus de l’Académie américaine des sciences (PNAS).

Lire aussi: Le Canada délaisse la lutte contre le réchauffement

Un air plus chaud et des ressources amoindries en eau expliqueraient cette réduction de près d’un tiers des récoltes de légumes, qui sont cruciaux à une alimentation saine. L’Europe du Sud et de larges pans de l’Afrique et de l’Asie du Sud pourraient être particulièrement affectés.

Pour obtenir ces résultats, les chercheurs ont passé en revue 174 études examinant l’impact de l’environnement sur les récoltes et les contenus nutritifs de légumes depuis 1975. «Nous avons compilé pour la première fois toutes les preuves disponibles de l’impact du dérèglement climatique sur les récoltes et la qualité des légumes et légumineuses», a résumé un des auteurs, Alan Dangour, de la London School of Hygiene and Tropical Medicine.

Il y a urgence

«Notre analyse suggère que si nous continuons comme si de rien n’était, le dérèglement climatique réduira considérablement la disponibilité globale de ces aliments importants», a-t-il ajouté. «Il faut agir d’urgence, y compris en soutenant une agriculture qui résiste mieux aux changements climatiques et cela doit être une priorité des gouvernements à travers le monde», insiste Alan Dangour.

Une seconde étude dans PNAS se penche par ailleurs sur le maïs, la plante la plus cultivée au monde. La vaste majorité du maïs exporté provient des Etats-Unis, du Brésil, d’Argentine et d’Ukraine. Avec une hausse de température de 4 degrés Celsius d’ici à la fin du siècle, il y a «86% de chances […] pour que les quatre grands exportateurs de maïs connaissent une mauvaise année de façon simultanée», indique l’étude.

«Nous avons conclu qu’alors que la planète se réchauffe, il devient de plus en plus probable pour différents pays de faire simultanément face à des pertes de récoltes majeures, ce qui a d’importantes implications pour les prix des aliments et la sécurité alimentaire», a mis en garde l’auteure principale, Michelle Tigchelaar, de l’Université de Washington (UW).

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