C’est l’institution à l’origine des bien connues «listes rouges des espèces menacées», et une des principales organisations mondiales de protection de la biodiversité: l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), dont le siège est à Gland, tient son congrès du 3 au 11 septembre à Marseille, avec en toile de fond d’importantes négociations internationales visant à contrer la disparition des espèces et des milieux naturels.

Ce congrès, qui a lieu tous les 4 ans, va rassembler des milliers de scientifiques et de représentants des Etats et des ONG. C’est la première grande rencontre sur la nature organisée en présentiel depuis le début de la pandémie. «Faire échanger une grande diversité d’acteurs est indispensable car la protection de la biodiversité implique des changements en profondeur de notre société», souligne Eva Spehn, collaboratrice scientifique au Forum biodiversité suisse et membre de la délégation suisse.

Certains thèmes abordés à Marseille sont particulièrement d’actualité. Il sera notamment question de la manière dont les plans de relance des Etats devront intégrer la protection de la nature. Les liens entre érosion de la biodiversité et émergence de nouveaux pathogènes seront également débattus, alors que le transfert du virus d’un animal sauvage à l’être humain demeure l’une des pistes privilégiées pour expliquer l’émergence du SARS-CoV-2. La protection des forêts anciennes, la lutte contre la pollution plastique, l’usage de technologies génétiques pour contrôler les espèces invasives, entre autres, feront également l’objet de discussions.

Aucun des précédents objectifs n’a été atteint

Enfin, de nombreux échanges porteront sur le nouveau plan stratégique pour la diversité biologique post-2020, en cours de négociation au niveau international. Celui-ci doit déterminer une série d’objectifs visant à enrayer la disparition des espèces au cours de la décennie à venir. «Nous sommes en train de travailler sur différentes versions du texte, qui devrait être définitivement adopté en mai de l’année prochaine lors d’une conférence à Kunming, en Chine, qui a été reportée plusieurs fois en raison de la pandémie», indique Eva Spehn. L’une des décisions les plus emblématiques pourrait être de placer 30% de la surface des mers et des océans sous protection d’ici à 2030.

La question de l’application concrète de ce nouveau plan fait cependant débat. Aucun des «objectifs d’Aïchi», que les Etats s’étaient fixés pour la décennie précédente, n’a été atteint. Dans un rapport publié en 2019, l’IPBES ou Plateforme intergouvernementale sur la biodiversité et les services écosystémiques, surnommée le GIEC de la biodiversité, alertait sur le fait que les extinctions d’espèces continuaient de s’accélérer. Environ 1 million d’espèces animales et végétales sont aujourd’hui menacées d’extinction.

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