épidémie

Le redoutable virus Ebola frappe au cœur de Kampala

La nouvelle poussée d’Ebola en Ouganda inquiète dans les rues bondées de Kampala, où a été enregistré un premier décès dû à ce virus hautement mortel et très contagieux, celui d’une aide-soignante venue se faire soigner dans la capitale

A un arrêt de bus en périphérie de la ville, Wangalwa Ojambo, 53 ans, explique que si elle n’était pas sans emploi et à court d’argent, elle ne prendrait pas les transports en commun. «Si je pouvais, j’éviterais les transports publics», glisse-t-elle après avoir lu les unes des quotidiens sur les cas d’Ebola.

Jusqu’ici, selon le gouvernement, la nouvelle épidémie d’Ebola dans le pays a tué 14 personnes. Sept autres auraient contracté la maladie – une fièvre hémorragique virulente contre laquelle aucun traitement n’existe.

La poussée d’Ebola a débuté début juillet dans l’ouest, dans le district de Kibaale, situé à quelque 200 km de Kampala et 50 km de la frontière avec la République démocratique du Congo (RDC). Parce que les symptômes initiaux n’étaient pas ceux habituellement observés pour l’Ebola, elle a mis du temps à être détectée, a expliqué lundi le président ougandais, Yoweri Museveni.

A ce stade cependant, personne n’aurait contracté le virus à Kampala, la capitale, de quelque 1,5 million d’habitants. L’aide-soignante décédée a été contaminée après avoir soigné des malades à Kibaale et est venue se faire soigner dans la capitale par ses propres moyens.

Entre fin 2007 et début 2008, Ebola avait déjà tué 37 personnes dans l’ouest de l’Ouganda. Une autre épidémie en 2000 avait fait au moins 137 autres morts dans le nord. Le décès le plus récent dû au virus en Ouganda remonte à 2011: une jeune fille était décédée à l’hôpital de Bombo, à 35 km au nord de Kampala, mais le virus ne s’était pas propagé.

Ebola, qui selon l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) n’a jusqu’ici jamais frappé de capitale ou de ville de taille majeure, tire son nom d’une rivière du nord de la RDC où il a été repéré pour la première fois en 1976, entre ce qui était alors le Zaïre et le Soudan.

Mardi à Kampala, la capitale densément peuplée, abritant bidonvilles et marchés animés, le message de précaution lancé par les autorités semblait avoir été entendu.

«Ils nous en parlent à la radio», dit Boniface Ongwang, un moto-taxi. «On n’est pas censé toucher les autres ou boire l’eau du robinet, et dans les lieux publics, on ne serre pas la main de quelqu’un, on lui fait juste un signe.»

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