«Laboratoire P3. Danger. Risque biologique. Interdit d’accès à toute personne non habilitée». Derrière une vitre, sous les néons d’une salle blanche accessible uniquement via un double sas, un chercheur portant une combinaison intégrale, un masque, des lunettes et des doubles gants observe des plaques de cultures cellulaires en passant du microscope à un écran de contrôle. Chacun de ses gestes est calibré et sa vigilance est palpable. Pour que sa concentration reste maximum, il ne passera pas plus de trois heures dans ce laboratoire en dépression, c’est-à-dire d’où l’air ne peut sortir sans être filtré et stérilisé.

Aucune erreur n’est, en effet, permise: les cellules en culture qu’il examine ont été infectées il y a vingt-quatre heures ou plus avec un virus hautement pathogène désormais connu dans le monde entier: le SARS-CoV-2, l’agent pathogène de la maladie dite Covid-19.