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La réserve mondiale de semences du Svalbard en Norvège.
© Landbruks- og matdepartementet

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La réserve mondiale de graines prend l’eau à cause du réchauffement climatique

La précieuse «Arche de Noé végétale» norvégienne, censée protéger des stocks de graines pour le futur de l’humanité, a récemment été endommagée par des fuites d’eau, raconte «The Guardian»

Creusée dans le flanc d’une montagne norvégienne, la réserve mondiale de semences du Svalbard (Global Seed Vault) devait être infaillible. Son rôle: assurer l’approvisionnement alimentaire de l’humanité en cas de catastrophe naturelle ou d’origine humaine. Or la flambée des températures enregistrée dans l’Arctique en fin d’année 2016 a provoqué de fortes pluies à la place de la légère neige attendue. Avec pour conséquence la fonte du sol gelé en permanence (ou pergélisol) à travers lequel l’entrepôt a été construit. Une déveine relatée récemment par le quotidien britannique The Guardian.

Inaugurée en 2008, la réserve, également surnommée «chambre forte du Jugement dernier», fait office de filet de sécurité pour les quelque 1700 banques de gènes existant dans le monde. Elle contient aujourd’hui plus de 930 000 échantillons provenant de presque tous les pays du monde, allant de variétés africaines et asiatiques de maïs, riz, blé, niébé et sorgho aux variétés européennes et sud-américaines d’aubergines, laitues, orge et pommes de terre. L’entrepôt détient la collection la plus diversifiée de graines de cultures vivrières dans le monde.

Lire aussi: Les graines, indispensables et menacées

En octobre 2016, la fonte du pergélisol a provoqué une fuite d’eau à environ 15 mètres dans l’entrée du tunnel qui mène à la réserve. Heureusement, l’eau n’a pas atteint la réserve elle-même. Les graines entreposées sur des étagères restent donc en sécurité, à 120 m de profondeur, à la température de stockage requise de -18 °C.

Chaleur extrême

Les gestionnaires de l’entrepôt attendent de voir si la chaleur extrême de l’hiver passé est un phénomène isolé ou si elle sera répétée. La fin de l’année 2016 a vu des températures moyennes de plus de 7 °C sur l’île de Spitzberg où est située la réserve, poussant le pergélisol au-dessus du point de fusion. L’année 2016 a été d’ailleurs la plus chaude jamais enregistrée depuis le début des relevés en 1880.

«Nous prenons ce problème très au sérieux et suivons la situation avec attention», a déclaré Hege Njaa Aschim, porte-parole du gouvernement norvégien, qui gère le site. Cet incident met en doute la capacité de la réserve à fonctionner sans l’intervention humaine, ce qui était l’objectif initial. Elle est désormais surveillée 24h/24h et un mur étanche est actuellement en construction dans le tunnel. «Tout ce qui peut être source de chaleur sera également retiré de l’entrepôt», a aussi précisé Hege Njaa Aschim.

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