La rétine artificiellearrive en Suisse

Médecine Premier patient implanté

Pour la première fois en Suisse, des chirurgiens lausannois ont greffé un implant rétinien à un patient aveugle. Nommé Argus II, il s’agit d’une des plus prometteuses thérapies destinées à restaurer la vue.

L’opération, effectuée fin octobre, s’est parfaitement déroulée et le patient se rétablit bien, assure le professeur Thomas Wolfensberger, de l’Hôpital ophtalmique Jules-Gonin, à Lausanne. «Nous avons activé l’implant jeudi et cherchons les réglages optimaux pour le patient», explique le chirurgien.

Le dispositif est constitué d’une caméra miniature, d’un ordinateur de poche et de l’implant proprement dit. La caméra capture les images puis les transmet à l’ordinateur. Ce dernier les encode en un signal électrique qu’il envoie, via une liaison sans fil, à l’implant greffé au fond de l’œil. L’appareil délivre enfin le signal électrique aux neurones du nerf optique grâce à ses électrodes. Résultat, après une période de rééducation, les patients implantés (environ 90 dans le monde) voient à nouveau, avec un modeste champ de vision, constitué de teintes de gris.

L’Argus II non remboursé

L’opération, qui a coûté environ 130 000 francs, a été financée par des dons. «Les assurances maladie refusent de prendre en charge les implants rétiniens, déplore le professeur Wolfensberger. Mais nous avons lancé des démarches auprès de l’Office fédéral de la santé publique et nous espérons faire avancer les choses dans les années à venir.» Homologué aux Etats-Unis et en Europe, l’Argus II est intégralement remboursé dans certains pays, notamment en France et en Allemagne, mais pas en Suisse.

Ironie de l’histoire, cet implant est développé par la société californienne Second Sight, dont le siège européen se trouve… à Lausanne.