La malaria provoque 650 000 décès par an, principalement des jeunes enfants en Afrique subsaharienne. La découverte d’un vaccin préventif suscite le fol espoir de pouvoir éradiquer cette infection due au parasite Plasmodium falciparum transmis par un moustique femelle. Après la publication, en octobre 2011, des premiers résultats cliniques de phase III du vaccin RTS,S, aussi nommé Mosquirix, par GlaxoSmithKline, l’efficacité de l’injection a déçu les uns et satisfait les autres.

Le mécanisme d’action, soit la stimulation d’une protéine qui crée des anticorps dans le foie, lieu de multiplication du parasite, s’est révélé efficace dans 56% des cas de malaria normale et 47% des cas de malaria sévère qui attaque le cerveau. Le verre est donc à moitié plein en ce qui concerne les enfants de 5 à 17 mois, sujets de cette première étude.

Faible réponse immunitaire

Vendredi, le New England Journal of Medicine a publié les résultats de la même étude basée sur la vaccination de 6537 nouveau-nés âgés de 6 à 12 semaines.

La déception et la perplexité des chercheurs transparaissent. En effet, le taux d’efficacité recule à 31,3% pour la malaria ordinaire et 36,6% pour la malaria sévère. Les scientifiques se demandent si cette diminution est due à la faiblesse du système de réponse immunitaire chez les nouveau-nés comparé aux enfants plus âgés.

Les études se poursuivent dans l’idée de mettre tout de même le vaccin sur le marché en 2015. Mais on sait déjà que cela ne pourra être qu’un traitement complémentaire, à côté des médicaments et de la prévention par des moustiquaires traitées à l’insecticide. Reste l’espoir d’une nouvelle percée par un vaccin, développé en phase clinique initiale au CHUV à Lausanne, qui entend cibler quatre protéines, et non plus une seule, activées comme antigènes.