Rosetta s’est offert une belle frayeur

Sonde Dangereux survol de la comète

Rosetta l’a échappé belle: la sonde européenne a rencontré de sérieuses difficultés de navigation en survolant de très près Chury samedi dernier, mais elle s’en est bien sortie et se tient désormais à distance respectueuse de la comète.

«Rosetta n’est pas près de revenir si près de la comète», a déclaré jeudi à l’AFP Sylvain Lodiot, responsable des opérations de la sonde à l’ESOC (Centre européen d’opérations spatiales) à Darmstadt (Allemagne).

Samedi 28 mars, en survolant la comète à 14 km seulement de la surface, Rosetta a «connu des difficultés significatives de navigation», selon l’Agence spatiale européenne (ESA).

Poussières en cause

Plus elle s’approche de la comète Churyumov-Gerassimenko lancée dans une course vers le soleil, plus Rosetta rencontre des traînées de gaz et de poussières. Ainsi parasités, ses deux capteurs d’étoiles, qui lui permettent de s’orienter, se sont mis à mal fonctionner, raconte Sylvain Lodiot qui était en première ligne ce matin-là. «Les capteurs ne voyaient plus rien» et prenaient des débris de la comète pour des étoiles, ce qui faussait tout.

Les ingénieurs ont donc choisi de désactiver les capteurs, juste pour le survol. Sauf que ces derniers ont ensuite refusé de se rallumer. «Dimanche matin, nous étions en train de perdre le signal avec Rosetta. Je la voyais disparaître peu à peu. C’était dramatique», déclare M. Lodiot.

La sonde a alors basculé en mode sécurité (le «safe mode») pendant un moment, tous instruments éteints, la priorité étant de sauver le vaisseau et de garder le contact avec la Terre. «Heureusement, les capteurs se sont remis à marcher lorsque la sonde s’est retrouvée à 75 km de la comète.»

Lundi, Rosetta était repassée en mode normal.