Climat

La saison des champignons compromise par le manque de pluie

Après une année 2017 déjà pauvre, 2018 pourrait être encore pire pour la récolte en raison de pluies trop rares

Les amateurs de champignons sont déçus voire inquiets. Après un début de saison réjouissant, la sécheresse persistante compromet la poussée d'automne tant attendue. Si la pluie tarde trop, 2018 pourrait s'avérer la pire année depuis quinze ans.

C'est un constat partagé par tous les connaisseurs: le champignon se fait rare dans les sous-bois en ce mois d'août. «Lorsque la mousse craque sous le pied, la découverte de la moindre chanterelle ou russule est déjà à une petite sensation», témoigne auprès de Keystone-ATS Monika Christen, chargée des contrôles dans la région de Berne. La raison est simple: il fait trop sec.

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Pour la mycologue, la sécheresse ambiante affecte non seulement la quantité de champignons mais aussi les différentes variétés. Une telle situation n'est plus apparue depuis 2003, se remémore-t-elle. La canicule d'alors avait même eu des répercussions sur l'année suivante.

Toutes les régions ne sont pas à la même enseigne. Et la situation pourrait encore tourner si le ciel le voulait bien, selon Monika Christen, qui rappelle que l'année avait quand même bien commencé. «La saison 2018 a encore une chance», rassure la spécialiste à l'attention des amateurs de cueillette. De spluies sont prévues dès demain, surtout en montagne, selon Meteosuisse.

Moins d'intoxications

Le manque d'humidité a aussi une influence sur la pousse des champignons et peut modifier leur aspect extérieur, un danger supplémentaire pour les champignonneurs du dimanche. Une taille plus petite ou une surface sèche au lieu d'être humide induit parfois des confusions avec des conséquences désastreuses, comme lorsqu'il s'agit d'amanites phalloïdes.

Chaque année, Tox Info Suisse recense plusieurs centaines de cas d'intoxications aux champignons. Mais c'est surtout lorsqu'il y a des poussées phénoménales que le nombre d'empoisonnement augmente, selon les statistiques. Cette année, le nombre de cas recensés est logiquement en fort recul.

«De juin à la mi-août, nous avons reçu très peu d'appels, comparé à l'année dernière», selon la mycologue Katharina Schenk-Jäger. Durant l'été 2017, Tox Info avait enregistré 128 cas d'intoxication aux champignons, cette année seulement 49. La sécheresse a au moins du bon sur ce plan.

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